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Rééducation de l'écriture au collège et au lycée : ça marche aussi !

La rééducation de l'écriture est destinée à toute personne souffrant de son écriture. Elle a pour objectif d'améliorer la lisibilité, le soin, la vitesse ou encore la douleur liée à une mauvaise tenue de crayon.

Chez l'enfant de primaire, en cours d'apprentissage de l'écriture, il semble logique que la rééducation soit efficace. Mais qu'en est-il de la rééducation des adolescents et jeunes adultes ? Quand j'en discute autour de moi, l'idée qui prédomine est que cela serait trop tard. Parfois, c'est même dès le CE2 que l'on affirme qu'il n'est plus possible de changer les habitudes.

Et pourtant... Il n'est jamais trop tard pour restaurer son geste d'écriture et retrouver une écriture lisible, fluide et sans douleur. Que l'on soit en primaire, au collège, au lycée, dans les classes supérieures, ou encore dans la vie active, il est toujours possible de s'améliorer!
Pour en témoigner, voici une vidéo illustrant les progrès de collégiens et lycéens. 
PS : La plus longue des rééducations présentées ici a duré 5 mois et 12 jours.

Ecriture, mieux vaut prévenir que guérir...

En ces temps de rentrée scolaire, nombreux sont les enfants qui se retrouvent en difficulté dans leur nouvelle classe. En changeant de niveau, on écrit de plus grandes quantités, on écrit plus longtemps, on écrit plus vite. Et les nouveaux enseignants ont leurs habitudes, qui diffèrent de celles de l'année passée.

Faut-il s'inquiéter dès les tous premiers jours, ou attendre qu'il "prenne le nouveau rythme"?

Si les difficultés en écriture étaient présentes l'année passée, soit qu'elles aient été mentionnées par les enseignants, soit que vous les ayez remarquées lors des devoirs, alors je recommande vraiment de consulter une rééducatrice et de ne pas attendre.

Les difficultés en écriture ne se résolvent jamais toutes seules par miracle. Il faut très fréquemment changer de tenue de crayon, revoir la formation des lettres, automatiser les bons gestes.  S'il est possible d'avoir recours à de l'aide personnalisée en classe, l'école n'est pas toujours la mieux placée pour aider efficacement les enfants avec des difficultés importantes.

Ainsi, l'école primaire est faite pour apprendre à écrire, à lire à compter. Un enfant de maternelle ne sachant ni lire ni écrire deviendra donc grâce à ses enseignants successifs un élève de CP lecteur et scripteur.
Quand ce processus d'apprentissage se passe mal, l'école tente d'y remédier. Toutefois, on ne se trouve plus dans une situation classique d'apprentissage, mais plus dans une situation de rééducation. Il faut en quelque sorte désapprendre les mauvaises habitudes, pour les remplacer par de nouvelles plus fonctionnelles, tout en continuant à écrire en classe comme les autres. C'est vraiment difficile pour l'enfant.
Par ailleurs, s'il faut bien entendu aider l'enfant en difficulté et constater ses progrès, il ne faut pas perdre de vue que les autres enfants progressent encore plus, au risque de voir malgré tous les efforts fournis l'écart s'accroitre avec les autres.

Voici deux extraits du cahier d'Arno, CP :

Cahier de CP à la rentrée

Cahier de CP  du même élève en février

D'un élève incapable d'écrire sur les lignes et suffisamment petit pour respecter le lignage, il est devenu un bon scripteur. Avec un petit coup de pouce de 6 séances en rééducation de l'écriture et l'aide de sa maîtresse, il est enfin sur les bons rails pour la suite.



Voici maintenant deux pages du cahier d'Antoine, élève de CE2 :


Le cahier en octobre, année de CE2

Le cahier du même élève de CE2 en février


Entre les deux, Antoine est venu en rééducation et a bien progressé.  Que se serait-il passé si sa maman avait attendu? Croyez-vous qu'Antoine pouvait bien apprendre ses leçons avec ses difficultés d'écriture au début de l'année? En février, même si la rééducation n'est pas finie de mon point de vue de rééducatrice, l'écriture est lisible, régulière et fonctionnelle. 


Enfin, l'écriture d'une élève de CM1 CM2 :
Le cahier de Jeanne, fin de CM1

Cahier de la même élève à son entrée en CM2


Cet exemple éloquent se passe de tout commentaire, les progrès sont juste spectaculaires. Regardez bien la quantité d'écrits en classe de CM2, et l'aisance avec laquelle ces exercices ont été faits... une bonne écriture, fluide, et tout est plus facile en classe.

En résumé : si vous avez des doutes sur l'écriture de votre enfant, consultez rapidement une rééducatrice de l'écriture qui saura vous dire s'il écrit suffisamment bien pour son âge, s'il est capable d'écrire assez vite et assez longtemps. Mieux vaut s'inquiéter pour rien et s'entendre dire que tout va bien, que de risquer de passer à côté d'une difficulté qui va s'aggraver au fil du tempset qui risque de rendre les apprentissages scolaires difficiles.


Dernière chose, si votre enfant a mal à la main quand il écrit, n'attendez pas, consultez. Même -et surtout- s'il a une belle écriture.  Il n'y a rien de pire que d'avoir mal du matin au soir...

La première séance, une séance capitale

La première séance de rééducation de l'écriture est capitale, puisqu'elle permet tout à la fois de comprendre d'où viennent les difficultés et de commencer le travail de rééducation.

Pour le bon déroulement de la séance, j'ai besoin de la participation de l'enfant... mais aussi de votre aide en tant que parent!

Aider? oui mais comment?


Avant la séance, scanner l'écriture

Vous pouvez grandement m'aider en me scannant l'écriture de votre enfant et en me l'envoyant par mail, au moins 3 jours avant la séance. Choisissez deux ou trois pages typiques qui me permettront de préparer la séance efficacement. Je passerai moins de temps à étudier l'écriture de votre enfant durant la séance et serai ainsi plus disponible pour être avec lui.

Le scan de l'écriture est à envoyer à: info@sos-ecriture.fr

Etre présent et actif durant la séance

Vous serez d'une grande aide dans la rééducation de votre enfant en étant présent et actif durant la séance. Vous êtes invités à rester durant toutes les séances, car c'est vous qui le ferez travailler à la maison. Il est donc important que vous ayez compris pourquoi je donne un exercice, et comment il devra être fait ensuite quotidiennement. Le plus simple est donc d'observer et de poser toutes les questions qui vous turlupinent dans la séance.

A propos, pensez à couper votre téléphone portable et ne jouez pas à Candy Crush, je vous assure, j'ai besoin de vous!

Apporter les cahiers et bilans

Lors de la première séance, nous ferons le point sur les difficultés de l'enfant.

J'ai donc besoin que vous ameniez... votre enfant! Ne rigolez pas, on m'a déjà posé la question : oui, l'enfant qui commence une rééducation doit être présent

En plus, je vous demande de préparer :

Les cahiers ou classeurs de l'enfant (cahier du jour, classeur de français ou d'histoire géo), pour que je puisse voir l'écriture de tous les jours, en conditions réelles. Prenez des cahiers où il y a beaucoup de trace écrite, si possible.

Les bilans d'autres professionnels, si vous en avez (orthophoniste, psychométricien, ergothérapeute, orthoptiste...)

Les cahiers d'écriture de CP, si vous les retrouvez, afin de voir comment l'apprentissage de l'écriture a été mené. C'est parfois difficile ou même impossible de les retrouver, mais ils sont une mine d'or pour nous les rééducateurs et nous en apprennent  long sur l'origine des difficultés.


On récapitule ?


  • Scanner l'écriture et l'envoyer par mail au moins 3 jours avant la séance
  • Etre présent et actif durant la séance
  • Couper son téléphone portable
  • Apporter les cahiers ou classeurs (cahier du jour, classeur de français ou d'histoire géo)
  • Apporter les bilans d'autres professionnels s'il y a lieu
  • Apporter les cahiers d'écriture de CP, si possible

Faut-il alléger l'écrit des élèves en difficulté?

Un Papa et enseignant me fait remarquer que ce que j'ai écrit précédemment peut être mal compris.

"Bonjour, je viens de lire votre article et attention, lorsque vous écrivez " Non il ne faut pas faire écrire moins". De quel cycle parlez vous ???

 Mon fils souffre depuis la MS et on se bat aujourd’hui en CE2 où les leçons à copier sont de plus en plus longues à ce qu’il ait des photocopies car il ne peut pas se relire, certains mots devenant illisibles et d’autres manquants, la phrase ne donnant plus de sens!


Merci de rectifier vos propos pour des parents non professionnels."
L'objet de ce billet n'est pas de revenir sur mes propos, que vous pourrez lire en cliquant ici, mais je souhaite toutefois répondre à cette remarque qui me parait tout à fait judicieuse et préciser ce que j'entends par là précisément.

Aujourd'hui, de plus en plus nombreux sont les enfants en difficulté avec l'écriture. Grande est donc la tentation de résoudre le problème en les faisant écrire moins.
Cette adaptation a des avantages, j'en conviens. Vous pouvez d'ailleurs lire ce que j'écrivais sur le sujet en cliquant ici : un dysgraphique dans la classe.

Il est donc assez clair que je suis tout à fait d'accord pour qu'on adapte la quantité d'écrit d'un enfant en fonction de ses capacités. On ne laisse tout simplement pas souffrir un enfant en difficulté avec l'écriture.

Toutefois, et comme je le mentionne dans l'article "un dysgraphique dans la classe", une réduction de la quantité d'écrit n'est pas une solution au problème à elle toute seule! Il faut impérativement qu'elle soit associée à une prise en charge particulière de rééducation du trouble.

En effet, un enfant qui n'écrit pas (ou peu) progresse moins vite que les autres. On se retrouve donc avec un écart de plus en plus grand avec ses pairs.

Or, deux possibilités s'offrent à nous :

- l'enfant a un simple retard d'écriture par rapport aux autres, lié par exemple à un mauvais apprentissage, ou a un épisode de son parcours qui lui fait détester le fait d'écrire. Peu importe l'origine du problème,  l'enfant  aura les capacités d'écrire comme les autres dans un avenir proche... si seulement il s'entraîne! Réduire la quantité d'écrit le soulage certainement, mais pendant ce temps l'écart se creuse avec les autres élèves de sa classe, alors qu'il pourrait progresser.

- autre option, l'enfant souffre d'un handicap. Dans ce cas, il n'a aucune chance d'écrire comme les autres sans une prise en charge adaptée par une équipe pluridisciplinaire.  Et même avec cette prise en charge précoce et intensive, une proportion de ces enfants n'écrira jamais tout à fait comme les autres : il s'agit vraiment d'un handicap.

Dans les deux cas, c'est le travail de remédiation ou de rééducation qui va permettre de progresser, ou de poser à terme le diagnostic de handicap puisque l'enfant ne progresse pas assez malgré cette prise en charge.

De plus en plus souvent, des enfants viennent me voir au cabinet bardés de bilans de toute sorte attestant qu'il y a bien un problème. Ils ont des adaptations en classe, mais rien n'est fait pour réellement les aider! Quand j'écrivais: " Doit-on laisser l'enfant écrire moins que les autres enfants de sa classe? Non, car il n'écrira pas assez pour progresser" , je voulais seulement indiquer que ce contenter de cette simple adaptation risque d'accentuer le problème. Oui, l'ordinateur est une option très intéressante pour les enfants handicapés, il serait dommage de se priver de cet outil s'il est nécessaire.

Accepter de passer à l'ordinateur un enfant de CP est , pour moi, une acceptation que l'enfant a un handicap et qu'il en souffrira toute sa vie. 
Pourtant, même pour un professionnel spécialisé dans l'écriture, bien malin qui peut prédire qui peut progresser et rattraper son retard, ou pas!

Prenons l'exemple de Jeanne, 6 ans, élève de CP... Pourra t'elle écrire ou pas?



Voici l'écriture de la même enfant, lors de la 4ème séance de rééducation ( première séance début janvier, séance 4 mi-mars, donc les progrès ont eu lieu en deux mois et demi...) 




La rééducation de l'écriture de cette enfant est loin d'être terminée, mais clairement, cette enfant progresse, et vite. Donnons-lui la chance de progresser à son maximum.

Donc, pour conclure : adapter la quantité d'écrit scolaire, oui, mais il faut accompagner les adaptations par une prise en charge adaptée. Faire faire des lignes d'écriture en travail supplémentaire n'est pas une prise en charge adaptée dans une écrasante majorité des cas.




Ecriture cursive et trisomie


trisomie et écriture
Les personnes possédant trois chromosomes 21 peuvent elles bien écrire? La réponse est évidemment oui. Une récente étude montre que la qualité des tracés et les temps de production des adultes avec une trisomie 21 se caractérisent par un niveau d’efficience comparable aux enfants de même âge de développement mental. Les adultes trisomiques étudiés ne présentent pas par ailleurs de déficit graphomoteur spécifique. Mais comme pour d'autres apprentissages, le parcours des enfants trisomiques va être nécessairement différent.




Un enfant trisomique présente des différences de latéralisation, de tenue de crayon et de repérage spatial par rapport à d'autres enfants qui vont rendre son apprentissage de l'écriture nécessairement plus difficile. Je vous propose ici un petit résumé des spécificités de ces enfants vis à vis de l'apprentissage de l'écriture cursive.

Tout d'abord l'enfant trisomique a une morphologie et un développement particulier de la main, qui va grandement influencer sa tenue de crayon : La main est plus petite, plus large, plus trapue. Les doigts sont courts, surtout le cinquième et le pouce. Le squelette de la main de l'enfant trisomique 21 est constitué de 23 os au lieu de 27 (voir Chumlea 1979, Erhardt, 1982, Edwards, 1995). Le pouce est en général positionné plus bas, et il existe souvent une déviation du cinquième doigt très caractéristiques, avec parfois un seul pli de flexion ( et une absence de la deuxième phalange). En général, les articulations de la main sont très mobiles. Compte tenu de l’absence, de la petite taille ou de la croissance lente de certains os du carpe, on a supposé que cela pouvait modifier les arcs de la main qui sont fondamentaux dans les fonctions de préhension et de stabilité de la paume de la main, conditionnant la liberté des doigts. L’hypotonie des muscles de la main peut limiter l’utilisation manuelle, diminution motrice qui en retour affecte le système des arcs de la main.

L’évolution de la préhension de l’enfant trisomique est semblable à celle des autres enfants jusqu’à l’âge de 3 ans. Puis l’hypotonicité et l’absence de pli palmaire entrainent une destruction de la prise «pince», une imprécision du geste et une réduction de la sensibilité. A terme, on observe une chute de la qualité de la préhension à l’âge ou il découvre le crayon...

Naturellement, l'enfant trisomique développe une tenue de crayon haute et immature avec une prise palmaire (toute la paume de la main tient le crayon). La pression est en général excessive et la crispation de la main sur le stylo gène la progression.


L’hypotonie musculaire et l’hyperlaxité ligamentaire modifient également la motricité manuelle. Les capacités de discrimination tactile et le déliement digital sont également plus faibles. On observe donc peu de corrections et nécessairement une répétition plus élevée des erreurs.

Le développement de la latéralisation se fait en général plus tard, vers 8 ans au lieu de 4 ans habituellement.

La lenteur, caractéristique des enfants trisomiques, retentit sur toutes les étapes du mouvement. L’exigence de vitesse détériore donc les performances de l'écriture cursive.

L’enfant trisomique présente généralement des postures inadéquates dues à des anomalies de statique (ex : tenue de tête) et des différences sensorielles. Les positions d’équilibre exigeant un contrôle visuel constant, il leur est alors difficile de mobiliser précisément des segments de leur corps ne se trouvant pas dans le champ visuel. Or nous savons que la posture joue un rôle clef dans le geste d'écriture.

On note aussi des difficultés d’appréhension de la gestion statique l’espace graphique: l'enfant trisomique ayant parfois des stratégies de recherche peu organisées, une négligence de certaines portions de l’espace et une faible perception des rapports spatiaux. La réduction de l’anticipation mènera à la production de lignes fluctuantes, de marges peu marquées et d’un faible respect des espaces inter-mots.

Le travail de rééducation de l'écriture devra s’appuyer sur les domaines déficitaires chez ces enfants :

- les capacités visuo-constructives et spatiales :
Il s’agit de renforcer la discrimination et la connaissance des orientations et relations spatiales qui sont à mettre en lien avec leurs difficultés d’appréhension de l’espace et leurs erreurs de distinction de lettres.


- la mobilité des doigts, du poignet, et la tenue de l’instrument scripteur.
L’objectif est de les mettre dans une situation qui nécessite une mobilisation différente des doigts et du poignet, et d'entraîner à la formation des boucles.


- les variations de pression.
L’utilisation d’un pinceau chinois et de l’encre, permet de diminuer et de mieux contrôler la pression excessive chez ces enfants. Les variations de pression sont alors visibles sur la trace, ce qui permet un feedback visuel particulièrement efficace. On peut également n'utiliser que le contrôle proprioceptif du mouvement (yeux fermés) afin de faire ressentir ce mouvement. L'usage du criterium (dont la mine casse rapidement sous la pression) permet de compléter ce travail.

Pour l’enfant trisomique, l’écriture est une tâche fastidieuse, la rééducation doit donc être ludique et le niveau de difficulté des exercices progressif. Il est important de laisser un temps suffisamment long au maintien d’un apprentissage particulier chez ses enfants. Il faut prêter attention au fait que les enfants trisomiques présentent moins d’attrait pour la nouveauté et ont parfois des réactions négatives à la surprise. Les changements amenés doivent donc être progressifs et expliqués à l’enfant qui bénéficiera d’un temps nécessaire de manipulation et d’habituation au support.

Il est important d’être attentif au fait que, lors de la prise en charge, si l’adulte se met face à l’enfant, celui-ci, par imitation, va avoir tendance à utiliser sa main gauche, en miroir de ce que fait l’adulte. C'est pourquoi il faut éviter le travail en face à face.


Pour aller plus loin :

  • Le site de ma collègue Celia Cheynel : www.reeducation-ecriture.com fournit quelques conseils aux parents.
  • Le mémoire de Cecile Legardeur de l'institut de psychomotricité de Toulouse fournit des éléments explicatifs sur la rééducation de l'enfant trisomique à la base de cet article
  • le site integrascol fournit les éléments pour les enseignants devant intégrer ces enfants différents à la classe
  • Grandir à l'École est une association loi de 1901, qui pour objectif de promouvoir la scolarisation en milieu ordinaire des enfants handicapés mentaux notamment ceux porteurs de trisomie 21
  • Quelques explications sur la rééducation de l'écriture (attention, dans le cas d'un handicap comme la trisomie, les durées de rééducation de l'écriture sont forcément plus longues, et les résultats différents)
Bibliographie :





Précoce et dysgraphique

M. est un jeune homme brillant, scolarisé en 5ème. Enfant à haut potentiel, il a sauté une classe en primaire. Comme beaucoup d'enfants précoces, l'écriture a toujours été un problème pour lui : écrire est un acte qui prend beaucoup trop de temps, et qui ne lui sert pas à grand chose puisqu'il n'a pas besoin d'écrire pour retenir ses leçons. Au collège, ses résultats sont toujours aussi bons, mais son écriture est devenue illisible. Pour lui permettre de continuer ses études dans de bonnes conditions, M utilise depuis le début de l'année un ordinateur en classe, ce qui lui convient beaucoup mieux que le traditionnel stylo. Malgré tout, même s'il n'a pas l'intention d'abandonner l'ordinateur en classe, il reconnaît que dans certaines situations il est bien pratique de pouvoir écrire. A ce titre, il a souhaité entreprendre une rééducation pour récupérer une écriture lisible.

Voici le résultat de ses efforts, sur une durée de rééducation de 4 mois, soit 6 séances en tout. En haut, un extrait de son écriture en cours d'histoire début janvier, en bas un extrait de son cahier de physique début mai.

Tout n'est pas parfait, mais l'objectif est atteint : M. peut prendre des notes lisibles au collège à la vitesse exigée par son niveau scolaire.

Une application pour la rééducation de l'écriture



abc applications éducatives lettres cursivesJe me propose aujourd'hui de vous présenter une petite application (pour ipad) à laquelle j'ai modestement collaboré. Entendons nous bien, je ne suis pas l'auteur de cette application : c'est Emmanuel Crombez qui a développé cette application, avec également la collaboration d'une graphothérapeuthe belge.

J'ai particulièrement apprécié son approche du geste d'écriture cursive, et j'ai pris contact avec lui pour lui proposer quelques améliorations qu'il a bien voulu (rapidement, en plus!) intégrer dans la dernière version. L'application est encore très simple, mais je vous tiendrai au courant de ses évolutions futures (Et, non, je ne touche pas de royalties sur cet outil...)

De quoi s'agit-il ? C'est une application simple qui permet d'apprendre le geste d'écriture cursive liée sur de bonnes bases. En particulier elle permet d'apprendre à lier les lettres et à effectuer les levées de crayons qui permettent un geste fluide. C'est ce geste d'écriture fluide qui fait défaut chez les enfants souffrant de dysgraphie.
Cette application respecte les règles de base que j'utilise au cabinet de rééducation de l'écriture : formation des boucles fluides (sans cassure dans le e), respect du sens de rotation des lettres, un minimum de levées de crayon, et placer les accents à la fin du mot.

rééducation écriture cursive koala
Ici, pour le mot koala, il faut lever le crayon pour le o,et chacun des deux a, ce qui donne le bon sens de rotation pour les lettres rondes.


Le placement des barres de t, des points et des accents écrits à la fin du mot est également correctement modélisé.


En particulier, la levée de crayon pour les lettres rondes (c o a d q g) est parfaitement respectée.

rééducation écriture cursive


Ainsi par exemle, pour le mot étui il y a quatre gestes graphiques :le mot étui en lui même, qui s'écrit sans interruption puis l'accent, la barre du t et le point sur le i.

Lorsque votre écriture s'écarte du modèle, l'application vous interrompt, en demandant de répéter le geste graphique défectueux.

Vous pouvez télécharger cette application (pour une somme modique de moins de 2€) sur le site d'Emmanuel Crombez : http://abc-applications.com 

Cette application est une bonne introduction pour comprendre et enseigner le déroulement de l'écriture. Ce n'est néanmoins pas un outil d'apprentissage du maniement du stylo. Lors de l'utilisationn sur l'IPad c'est tout le bras qui est mobilisé, alors que dans l'écriture ce sont les doigts qui bougent. Il faudra donc compléter l'utilisation de cette application, par des exercices sur une vraie feuille avec un vrai crayon :)

 Pour aller plus loin :

Ecriture cursive : la lettre e est la forme de base

écriture cursive dysgraphie

Le rôle des boucles dans l'écriture cursive

Dans l'écriture cursive enseignée en France, la boucle est la forme de base qui permet de construire la majorité des lettres.


On devine instinctivement le lien entre le "e" et le "l", ainsi qu'avec les lettres cursives "b","h","k" et "f".

L'écriture cursive des boucles étrécies

Il est un peu moins évident de se convaincre que la lettre i utilise le même geste de base. Pourtant lorsqu'on trace un i, on effectue le même geste montant et descendant que pour faire une boucle, seulement cette boucle est écrasée latéralement (techniquement on parle de lettre étrécie). Pour les doigts, il s'agit du même geste verticalement entre un e et un i.

Partant de là, les lettres t et u sont aussi formées à partir de boucles étrécies.

écriture cursive libellule tilleul


Les lettres rondes cursives


Il nous reste le cas particulier des lettres rondes : o, a, c, d, g, q.
Le geste qui permet de tracer un c correspond lui aussi à celui d'une boucle, mais dont une partie s'effectue avec une levée du crayon. On verra que pour construire un o un a (et à fortiori un d et un  q) on utilise le même tracé de base

écriture cursive lettres e c



Que nous reste t il au final dans l'alphabet cursif qui ne soit pas formé de boucles dérivées du "e" : les lettres  m,  n ,p , j , r, v, w, y z et  x qui nécessitent un geste spécifique. Seize lettres sur vingt-six ont donc pour geste de base celui de la boucle.

En rééduquant le geste pour effectuer correctement la lettre cursive e, on traite une grande partie des difficultés liés à la fluidité du geste et à la lisibilité de l'écriture cursive.


Pour aller plus loin :


La rééducation en écriture, qu'est-ce que c'est?

La rééducation en écriture permet de rééduquer le geste graphique défectueux tout en lui conservant son originalité. 

Il ne s’agit pas de faire faire du graphisme ou des lignes d’écriture cursive au patient, mais bien de restaurer les gestes fondamentaux sans jamais séparer la composante motrice (le geste) de la composante symbolique (le son) et de la composante sémantique (le sens).
C'est cette approche innovante et respectueuse qui lui permettront d'acquérir aisance, lisibilité et vitesse, et de résoudre une éventuelle dysgraphie.

Combien de temps dure une rééducation?

Une rééducation de l'écriture bien menée devrait durer moins de 8 séances, espacées de 3 à 5 semaines. Personnellement j'observe au cabinet que les rééducations durent en moyenne entre 4 et 5 séances, soit une durée moyenne de 3 à 4 mois.
Cette durée typique correspond à des personnes n'ayant pas de handicap particulier, et faisant scrupuleusement les exercices d'écriture demandés.

Toutefois, la durée de la rééducation varie grandement en fonction de nombreux paramètres :

  • la motivation : il est essentiel de s'astreindre à faire les exercices demandés chaque jour, week ends et vacances compris. A problèmes égaux, une personne motivée aura toujours de meilleurs résultats qu'une personne peu motivée. C'est pourquoi l'obtention de premiers résultats rapidement visibles est important. Bien entendu une personne trainée de force à la rééducation et qui n'en voit pas l'intérêt aura plus de difficultés qu'une personne qui souhaite améliorer son écriture manuscrite.
  • l'origine du problème : il est parfois possible qu'un travail sur un point précis ( tenue du stylo, suivi de la ligne d'écriture par exemple) débloque l'ensemble de l'écriture. La rééducation peut donc être parfois très rapide. Dans d'autres cas, en cas de dysgraphie, il faudra travailler chaque nœud qui bloque le geste avant de restaurer l'écriture fluide et lisible que l'on est en droit d'espérer.
pour aller plus loin :

Déroulement de la rééducation en écriture

Déroulement de la rééducation :

La prise de rendez-vous avec le rééducateur en écriture permet déjà d'expliquer les difficultés d'écriture à traiter. Le jour de la première séance, vous apportez des exemples de l'écriture de la personne concernée par cette rééducation, et (si possible) les cahiers d'école datant de la période d'apprentissage de l'écriture (maternelle, CP CE1) afin d'aider au diagnostique d'une possible dysgraphie, ou de troubles de l'apprentissage.

La première séance commence par un entretien suivi immédiatement d'exercices spécifiquement proposés à la personne selon ses besoins. Chaque écriture est particulière, et la rééducation du geste se fait par des exercices d'écriture adaptés à son cas.

Oubliez les exercices de lignes d'écriture : l'objectif n'est pas la quantité d'écrit, mais la qualité du geste.

Ainsi, le rééduqué se voit expliquer des exercices d'écriture dès la première séance, exercices qu'il devra ensuite mettre en oeuvre chaque jour chez lui selon une prescription détaillée.

La seconde séance de rééducation se déroule 10 jours après la première. Le rééducateur peut ainsi vérifier que tout a bien été compris et que les exercices sont effectués efficacement. Le rééduqué quant à lui peut alors poser toutes les questions qui lui sont venues durant les exercices. En sachant que le rééducateur est toujours joignable au téléphone en cas de doute.

Les séances suivantes de rééducation se déroulent régulièrement toutes les 3 à 5 semaines, afin de repenser les exercices en fonction des progrès.

La durée d'une séance au cabinet est d'environ  40 minutes à une heure.

La durée de la séance journalière à la maison est d'environ une  quinzaine de minutes (Jamais plus et souvent moins chez les petits).

La majorité des rééducations s'effectuent en moins d'une dizaine de séances.



Où trouver un rééducateur en écriture?

rééducation écriture feuille stylo-plume
Aujourd'hui, il existe de nombreux rééducateurs en écriture en France. Par contre, tous n'exercent pas cette profession en cabinet (beaucoup d'entre eux sont professeurs et enseignent l'écriture en maternelle ou au CP...), et il est donc souvent difficile de les trouver pour consulter.

Je pratique personnellement en Alsace et mon cabinet est à Obernai. Si vous souhaitez me contacter vous trouverez mes coordonnés ici.



Je collabore également très régulièrement avec les cabinets suivants :
 
Si vous souffrez de dysgraphie ou de trouble de l'écriture et que vous habitez ailleurs qu'en Alsace, n'hésitez pas à m'écrire. Je connais personnellement la quinzaine de rééducatrices issues de la même formation que moi et peux trouver parmi mes autres collègues, (ou parmi les graphothérapeuthes que je connais) celui ou celle qui est le plus près de chez vous et pourra vous aider.




Combien coûte la rééducation en écriture ?

stylo plume écriture manuscrite
Comptez entre 45€ et 65€ pour une séance de grapho pédagogie.
Cela peut sembler cher au premier abord, mais ne perdez pas de vue qu'une rééducation telle que nous la pratiquons  se déroule (hors pathologie et si les exercices d'écriture demandés sont bien faits)  généralement en moins de 8 séances (très exceptionnellement plus, en cas de dysgraphie sévère) qui n'ont lieu que toutes les 3 à 5 semaines. Dans mon cabinet,  la moyenne du nombre de séances pour compléter une rééducation est d'un peu plus de 5 séances.

Souvenez-vous que l'essentiel du travail se fait chaque jour, chez vous. Il n'est donc pas besoin de vous déplacer une ou deux fois par semaine jusqu'au cabinet comme chez d'autres spécialistes.

Le rééducateur ne pousse jamais à la consommation de séances supplémentaires et s'efforce de faire durer la rééducation le moins longtemps possible : il est crucial pour celui qui entreprend une rééducation de sentir et de voir ses progrès, rapidement, pour reprendre confiance en soi.

60€ par mois, même si ce n'est pas une somme négligeable, est une somme généralement accessible pour les familles.

Sachez aussi que les cours d'écriture assurés par un graphopédagogue ne sont pas remboursés par la sécurité sociale française. Certaines mutuelles prennent tout ou partie en charge, renseignez vous auprès de la votre.

Comme tout praticien, il nous arrive d'adapter nos honoraires dans les situations personnelles difficiles : si vous êtes étudiant boursier ou demandeur d'emploi, n'hésitez pas à nous en informer !

Dysgraphie : pourquoi il faut intervenir le plus tôt possible

élève en difficulté écriture
Lorsqu'un élève souffre de son écriture, que le problème soit une dysgraphie avérée ou un simple trouble passager, il est important d'agir le plus tôt possible.

Tout d'abord, il faut comprendre qu'un enfant en difficulté avec l'écriture est nécessairement en souffrance à l'école si rien n'est fait pour l'aider. Le laisser souffrir nuira à la poursuite de ses études, nous avons donc tout intérêt à ne pas laisser perdurer le problème.

Dans le cas d'un problème d'apprentissage, la rééducation de l'écriture doit permettre de résoudre le problème. Plus cette intervention se fera tôt dans la vie de l'enfant, moins longue sera la souffrance à l'école, moins nombreuses seront les conséquences de ce mauvais démarrage avec l'écrit.

Pour une dysgraphie avérée, plus on prend le problème tôt plus les chances de réussite d'une rééducation sont bonnes. Cela ne veut pas dire que l'on ne peut pas corriger le problème à tout âge, mais avec un adolescent les risques d'échec par manque de suivi sur les quelques mois de la rééducation sont plus importants qu'avec un jeune enfant.

Par ailleurs, ne perdez pas de vue que s'il faut en arriver à faire des adaptations à l'école à cause d'une dysgraphie, il est plus simple d'obtenir gain de cause auprès d'un enseignant unique (ce qui est généralement le cas en primaire) qu'auprès d'une équipe éducative multiple (une dizaine d'enseignants par niveau en collège au minimum).

Pour aller plus loin :
Dysgraphie de l'enfant, dysgraphie de l'adolescent
Dysgraphie et scolarité
Durée d'une rééducation de l'écriture

un dysgraphique dans la classe : ce qu'il faut savoir pour aider un élève dysgraphique



Dysgraphie et scolarité 

 

dysgraphie élève fatigue
Pour les enseignants, l’importance de l’écriture dans la scolarisation n'est pas à rappeler :  les compétences en écriture sont nécessaires à l'apprentissage. L'écriture favorise le développement des compétences telles que la sélection d’éléments pertinents, l’organisation d’idées et favorise la réflexion ainsi que l’appropriation des concepts du cours. Bref, l'écriture aide à développer des compétences en dehors de la simple compétence graphique.


Lorsqu'un élève est en défaut vis à vis du geste d'écriture, qu'il s'agisse d'une dysgraphie avérée, ou d'un retard d'apprentissage, les conséquences sur sa scolarité peuvent être importantes.

Certaines pratiques simples permettent aux enseignants d'éviter que se mette en place une spirale d'échec autour de l'écriture.

Troubles d'apprentissage de l'écriture : quels impacts ?

 Pour aider un élève qui a des difficultés d'écriture en classe, il est important de comprendre d'abord les implications de ces difficultés sur la scolarité.

Prenons l'exemple d'un élève difficilement lisible. Du fait de ses difficultés d'écriture:
  •  il ne peut noter correctement ses cours, qui sont peu exploitables et souvent incomplets.
  •  l'orthographe n'est plus sa priorité.
  •  la difficulté de noter ses cours rend difficile l'écoute du professeur (la fameuse surcharge cognitive)
  •  L'élève sort de cours fatigué
  • Rentré à la maison, l'élève a peu envie de se replonger dans son cours qui de toute façon n'est ni lisible ni complet

En primaire, les devoirs à la maison sont source de conflit avec les parents, l'apprentissage des leçons s'étale en longueur sans être pour autant efficace. Au collège, l'adolescence arrivant, l'opposition s'accentue, ou laisse au contraire place à un abandon des devoirs.

Quand l'enfant ou l'adolescent peine trop sur son écriture, que les exercices ne soient pas faits ou pas lisibles, l'enseignant ne peut pas l'évaluer de façon satisfaisante.

Tous ces paramètres concourent à la fois à une baisse des notes mais aussi à une baisse de l'estime de soi de lélève qui entre dans une spirale d'échec.
spirale échec scolaire dysgraphie

 Echec scolaire et dysgraphie : que faire ?

Lorsque l'élève en est arrivé à ce stade, il est urgent pour l'enseignant de trouver une approche pour l'aider à se sortir du cercle vicieux dans lequel il est entré.

Que l'élève soit atteint d'une dysgraphie sévère, ou qu'il n'y ait un simple problème temporaire d'apprentissage de l'écriture, la stratégie optimale pour l'enseignant est paradoxalement de réduire la pression. Il ne faut pas avoir peur de laisser l'enfant écrire moins, ou autrement, au moins temporairement.
En agissant ainsi on montre à l'élève que l'on est conscient de ses difficultés et on le met en position d'être capable de répondre à la demande de l'enseignant et de montrer ce qu'il sait.


Pour réduire la pression de l'écriture :
  • privilégier les réponses orales
  • s'assurer que l'éleve a accès à des cours complets et lisibles
  • diminuer la quantité d'écrit en augmentant les exigences sur la qualité
  • se focaliser sur ce que l'on veut évaluer : ne pas laisser l'écriture interférer dans la restitution des connaissances
  • aménager les exercices pour limiter la quantité d'écrit (textes à trous)
  • vérifier que les outils (stylos, feuilles) sont adaptés (penser au crayon de papier)
  • utilisation de lettres mobiles au CP 
En parallèle mettre en place une stratégie pour améliorer la qualité de l'écriture :
  • vérifier la latéralité (gaucher ou droitier)
  • vérifier la tenue de crayon
  • donner les consignes pour optimiser la continuité du tracé (points, barres,s accent à la fin des mots)
  • expliciter le sens de rotation des lettres rondes
  • réduire initialement les exigences de vitesse
Si l'élève est en CP/CE1, il est possible que les symptômes de dysgraphie soient traités par l'enseignant durant le cours de la classe. Plus tard dans la scolarité, ces difficultés sont plus difficiles à régler dans le cadre de la classe, l'enseignement du  geste d'écriture n'étant plus au programme d'une fin de primaire et encore moins au collège.

Si un conflit sur l'écriture est ouvert avec l'élève en classe :
  • reconnaitre la difficulté et l'analyser avec l'élève
  • faire appel à un intervenant extérieur : enseignant spécialisé, orthophoniste, rééducateur de l'écriture qui apporteront un oeil neuf sur le problème et des solutions.
Normalement un problème d'apprentissage de l'écriture doit pouvoir se régler en quelques mois. Si les problèmes persistent, vous vous doutez bien que je vous recommande une rééducation de l'écriture (après tout c'est mon métier ...)



Pour aller plus loin :



Rééducation de l'écriture de Maxime


Cette semaine, je ne résiste pas à vous faire partager la réussite de Maxime, un de mes patients qui m'a autorisé à mettre en ligne ses progrès en rééducation de l' écriture.

Maxime est un jeune adolescent de 13 ans, scolarisé en classe de 4ème lors de notre première rencontre fin octobre 2012.

Une écriture dysgraphique ?

L'écriture cursive de Maxime est alors difficilement lisible tout en étant trop lente, ce qui entraîne des difficultés au collège : les professeurs se plaignent, les notes prises en cours sont difficilement exploitables. Ses problèmes avec l'écriture laissent craindre une dysgraphie, mais avant de se lancer dans des bilans de dysgraphie nous décidons d'un commun accord d’entamer pragmatiquement une rééducation de son écriture.

Dans son geste d'écriture, plusieurs points sont évidents :
  • l'écriture suit difficilement la ligne
  • les lettres rondes sont mal formées
  • le ductus est perturbé : il y a des levées de crayons inutiles, et également des continuités inappropriées

 

une rééducation de l'écriture courte

Après la première séance, le 27 octobre, nous nous revoyons dix jours après (le 7 novembre), pour faire un bilan de l'efficacité des premiers exercices. La troisième séance le 8 décembre met déjà en évidence de nets progrès. A la séance du 6 janvier les progrès de son écriture cursive sont suffisants pour décider d'un commun accord d'arrêter la rééducation.


rééducation écriture dysgraphie collège
Il aura fallu 4 séances à Maxime et à peine plus de deux mois pour progresser suffisamment pour que son écriture en classe soit plus fluide. L'écriture de Maxime  est désormais plus lisible, plus rapide, et ne le fait plus souffrir. Dans l'état actuel de son écriture, faire un bilan de dysgraphie n'est, bien sur, plus d'actualité.

Chapeau Maxime!


D'autres articles pouvant vous intéresser :

La rééducation de l'écriture dans les Dernières Nouvelles d'Alsace

article DNA portrait rééducatrice écriture obernai

Les Dernières Nouvelles d'Alsace viennent de consacrer une page à mon activité de rééducation de l'écriture. Cet article est disponible sur le site des DNA, mais comme il n'est accessibles que pour un temps limité, je me permet d'en laisser une transcription ici :




Quand l’écriture fait mal

Elle n’est ni coach, ni médecin, ni enseignante. Ou un peu tout cela à la fois. Anne-Gaël Tissot,rééducatrice en écriture installée au centre socioculturel Rimbaud, suit des personnes pour qui ce geste quotidien est tout sauf simple.

Tenir le stylo entre le pouce et le majeur, écrire de façon fluide sans casser le poignet. Ces consignes, tout le monde les a entendues. Elles sont répétées par des enseignants qui n’hésitent pas à corriger des gestes imprécis ou des postures inadaptées. Seulement voila. Dans une classe de 30 élèves, difficile de repérer celui qui tient mal son crayon, celui dont le poignet est douloureux, celui qui est trop lent et décroche. Et pourtant, ils sont nombreux, ces phobiques de l’écriture, dont les devoirs sont parfois si illisibles que les professeurs ne peuvent pas les noter.

« C’est un cercle vicieux au niveau des études »

C’est pour aider ces incompris qu’Anne-Gaël Tissot, ancienne ingénieur —elle a aussi œuvré en tant que formatrice et professeur de maths — a décidé il y a un an de s’installer à son compte en tant que rééducatrice en écriture. Ses deux filles souffrent de ce genre de troubles. « Je n’avais pas de solution pour les aider, alors je me suis formée auprès d’une rééducatrice en écriture dans le Massif central. » Cette ancienne animatrice multimédia au centre socioculturel Arthur-Rimbaud y loue désormais un local, où elle assure 20 heures de séances hebdomadaires. Dans cette salle aux couleurs chatoyantes, où les murs sont recouverts de personnages de bandes dessinées, défilent quelque 70 personnes, de toute la région. Des enfants, en très grande majorité. Quelques tout-petits déjà fâchés avec le stylo, beaucoup de primaires qui commencent à se confronter aux difficultés de l’écriture, des collégiens aussi, pour qui ces troubles deviennent un réel handicap. Mais aussi des lycéens. Et de rares adultes. « Il peut s’agir de demandeurs d’emploi qui pensent être pénalisés par l’aspect de leur lettre de motivation, de chefs d’entreprise dont  la secrétaire n’arrive plus à les relire ». Et de citer le cas d’une étudiante qui s’en sortait en prenant les cours sur ordinateur mais rencontrait des problèmes lors de ses examens. Le point commun entre toutes ces personnes : « Ce sont des gens qui souffrent de dysgraphie et plus généralement de troubles liés à l’écriture : illisibilité, lenteur, douleurs. »

Dix séances maximum

La mission d’Anne-Gaël Tissot : travailler la fluidité du geste, et surtout, « le rendre automatique, car les enseignants ont beau répéter aux élèves de tenir leur stylo de telle façon, ça ne fonctionnera pas, c’est tout un processus qui passe par des exercices. » Des exercices à effectuer aussi à la maison. D’ailleurs, Anne-Gaël Tissot tient beaucoup à la présence des parents pendant les séances. « Sans eux, je ne suis rien, je suis un peu comme une coach. Ce sont eux qui font, moi, je leur donne juste les clefs. » 
DNA portrait rééducatrice écriture obernai
copyright dna 2012
Contrairement à un graphothérapeute qui suivra ses patients sur le long terme, Anne-Gaël Tissot préconise au minimum trois séances, dix tout au plus. « Je suis essentiellement des enfants, et pour eux, il faut que ça aille vite, qu’ils voient le résultat rapidement. » C’est en général dès la deuxième séance que les progrès se ressentent. 
Elle sort une tablette tactile, qu’elle utilise parfois pour faire écrire de façon plus ludique les enfants. Sur l’écran défilent de nombreux exemples de copies, avant et après la rééducation. La transformation est parfois impressionnante. À l’image de cet adolescent en classe de 3ieme qui rendait des devoirs illisibles et tâchés d’encre. « Il ne prenait pas ses cours correctement, donc ne pouvait pas bien les apprendre ni les retranscrire, et ne pouvait pas être évalué : c’est un cercle vicieux. » Anne-Gaël Tissot affiche un large sourire en montrant une copie que lui a apportée avec fierté ce même élève au bout de quelques séances : elle est impeccable. Seul problème : elle est si lisible qu’on y distingue désormais des fautes d’orthographe à chaque mot. Mais la mission de la rééducatrice, qui ne corrige que le geste, s’arrête là. Le reste est une autre histoire…
                                                                                             FANNY HOLVECK
Contact : Anne-Gaël Tissot ✆ 07 86 57 01 78.
info@sos-ecriture.fr
www.sos-ecriture.fr

Rééducation en écriture : objectifs



La rééducation en écriture vise à un rétablissement du geste d’écriture en apportant fluidité, vitesse d’exécution, régularité de dimension et d’inclinaison, afin de permettre une bonne lisibilité. L'action d'écrire ne doit plus engendrer de fatigue, de douleur, ou de  tensions.

La rééducation est spécifique à chaque personne et s'applique à corriger les problèmes particuliers de chacun en étudiant leurs causes. Rien de commun entre la rééducation proposée à un petit de maternelle maniant mal son crayon, à un élève en cours d'apprentissage de l'écriture au CP qui tient mal sa ligne, à un adolescent dysgraphique ou à un adulte victime d'un accident.

Ainsi, c'est la compréhension de l'origine du problème qui permet de le résoudre.


pour aller plus loin: