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La rééducation en écriture, qu'est-ce que c'est?

La rééducation en écriture permet de rééduquer le geste graphique défectueux tout en lui conservant son originalité. 

Il ne s’agit pas de faire faire du graphisme ou des lignes d’écriture cursive au patient, mais bien de restaurer les gestes fondamentaux sans jamais séparer la composante motrice (le geste) de la composante symbolique (le son) et de la composante sémantique (le sens).
C'est cette approche innovante et respectueuse qui lui permettront d'acquérir aisance, lisibilité et vitesse, et de résoudre une éventuelle dysgraphie.

Combien de temps dure une rééducation?

Une rééducation de l'écriture bien menée devrait durer moins de 8 séances, espacées de 3 à 5 semaines. Personnellement j'observe au cabinet que les rééducations durent en moyenne entre 4 et 5 séances, soit une durée moyenne de 3 à 4 mois.
Cette durée typique correspond à des personnes n'ayant pas de handicap particulier, et faisant scrupuleusement les exercices d'écriture demandés.

Toutefois, la durée de la rééducation varie grandement en fonction de nombreux paramètres :

  • la motivation : il est essentiel de s'astreindre à faire les exercices demandés chaque jour, week ends et vacances compris. A problèmes égaux, une personne motivée aura toujours de meilleurs résultats qu'une personne peu motivée. C'est pourquoi l'obtention de premiers résultats rapidement visibles est important. Bien entendu une personne trainée de force à la rééducation et qui n'en voit pas l'intérêt aura plus de difficultés qu'une personne qui souhaite améliorer son écriture manuscrite.
  • l'origine du problème : il est parfois possible qu'un travail sur un point précis ( tenue du stylo, suivi de la ligne d'écriture par exemple) débloque l'ensemble de l'écriture. La rééducation peut donc être parfois très rapide. Dans d'autres cas, en cas de dysgraphie, il faudra travailler chaque nœud qui bloque le geste avant de restaurer l'écriture fluide et lisible que l'on est en droit d'espérer.
pour aller plus loin :

Déroulement de la rééducation en écriture

Déroulement de la rééducation :

La prise de rendez-vous avec le rééducateur en écriture permet déjà d'expliquer les difficultés d'écriture à traiter. Le jour de la première séance, vous apportez des exemples de l'écriture de la personne concernée par cette rééducation, et (si possible) les cahiers d'école datant de la période d'apprentissage de l'écriture (maternelle, CP CE1) afin d'aider au diagnostique d'une possible dysgraphie, ou de troubles de l'apprentissage.

La première séance commence par un entretien suivi immédiatement d'exercices spécifiquement proposés à la personne selon ses besoins. Chaque écriture est particulière, et la rééducation du geste se fait par des exercices d'écriture adaptés à son cas.

Oubliez les exercices de lignes d'écriture : l'objectif n'est pas la quantité d'écrit, mais la qualité du geste.

Ainsi, le rééduqué se voit expliquer des exercices d'écriture dès la première séance, exercices qu'il devra ensuite mettre en oeuvre chaque jour chez lui selon une prescription détaillée.

La seconde séance de rééducation se déroule 10 jours après la première. Le rééducateur peut ainsi vérifier que tout a bien été compris et que les exercices sont effectués efficacement. Le rééduqué quant à lui peut alors poser toutes les questions qui lui sont venues durant les exercices. En sachant que le rééducateur est toujours joignable au téléphone en cas de doute.

Les séances suivantes de rééducation se déroulent régulièrement toutes les 3 à 5 semaines, afin de repenser les exercices en fonction des progrès.

La durée d'une séance au cabinet est d'environ  40 minutes à une heure.

La durée de la séance journalière à la maison est d'environ une  quinzaine de minutes (Jamais plus et souvent moins chez les petits).

La majorité des rééducations s'effectuent en moins d'une dizaine de séances.



Combien coûte la rééducation en écriture ?

stylo plume écriture manuscrite
Comptez entre 45€ et 65€ pour une séance de grapho pédagogie.
Cela peut sembler cher au premier abord, mais ne perdez pas de vue qu'une rééducation telle que nous la pratiquons  se déroule (hors pathologie et si les exercices d'écriture demandés sont bien faits)  généralement en moins de 8 séances (très exceptionnellement plus, en cas de dysgraphie sévère) qui n'ont lieu que toutes les 3 à 5 semaines. Dans mon cabinet,  la moyenne du nombre de séances pour compléter une rééducation est d'un peu plus de 5 séances.

Souvenez-vous que l'essentiel du travail se fait chaque jour, chez vous. Il n'est donc pas besoin de vous déplacer une ou deux fois par semaine jusqu'au cabinet comme chez d'autres spécialistes.

Le rééducateur ne pousse jamais à la consommation de séances supplémentaires et s'efforce de faire durer la rééducation le moins longtemps possible : il est crucial pour celui qui entreprend une rééducation de sentir et de voir ses progrès, rapidement, pour reprendre confiance en soi.

60€ par mois, même si ce n'est pas une somme négligeable, est une somme généralement accessible pour les familles.

Sachez aussi que les cours d'écriture assurés par un graphopédagogue ne sont pas remboursés par la sécurité sociale française. Certaines mutuelles prennent tout ou partie en charge, renseignez vous auprès de la votre.

Comme tout praticien, il nous arrive d'adapter nos honoraires dans les situations personnelles difficiles : si vous êtes étudiant boursier ou demandeur d'emploi, n'hésitez pas à nous en informer !

Rééducation de l'écriture de Maxime


Cette semaine, je ne résiste pas à vous faire partager la réussite de Maxime, un de mes patients qui m'a autorisé à mettre en ligne ses progrès en rééducation de l' écriture.

Maxime est un jeune adolescent de 13 ans, scolarisé en classe de 4ème lors de notre première rencontre fin octobre 2012.

Une écriture dysgraphique ?

L'écriture cursive de Maxime est alors difficilement lisible tout en étant trop lente, ce qui entraîne des difficultés au collège : les professeurs se plaignent, les notes prises en cours sont difficilement exploitables. Ses problèmes avec l'écriture laissent craindre une dysgraphie, mais avant de se lancer dans des bilans de dysgraphie nous décidons d'un commun accord d’entamer pragmatiquement une rééducation de son écriture.

Dans son geste d'écriture, plusieurs points sont évidents :
  • l'écriture suit difficilement la ligne
  • les lettres rondes sont mal formées
  • le ductus est perturbé : il y a des levées de crayons inutiles, et également des continuités inappropriées

 

une rééducation de l'écriture courte

Après la première séance, le 27 octobre, nous nous revoyons dix jours après (le 7 novembre), pour faire un bilan de l'efficacité des premiers exercices. La troisième séance le 8 décembre met déjà en évidence de nets progrès. A la séance du 6 janvier les progrès de son écriture cursive sont suffisants pour décider d'un commun accord d'arrêter la rééducation.


rééducation écriture dysgraphie collège
Il aura fallu 4 séances à Maxime et à peine plus de deux mois pour progresser suffisamment pour que son écriture en classe soit plus fluide. L'écriture de Maxime  est désormais plus lisible, plus rapide, et ne le fait plus souffrir. Dans l'état actuel de son écriture, faire un bilan de dysgraphie n'est, bien sur, plus d'actualité.

Chapeau Maxime!


D'autres articles pouvant vous intéresser :

La rééducation de l'écriture dans les Dernières Nouvelles d'Alsace

article DNA portrait rééducatrice écriture obernai

Les Dernières Nouvelles d'Alsace viennent de consacrer une page à mon activité de rééducation de l'écriture. Cet article est disponible sur le site des DNA, mais comme il n'est accessibles que pour un temps limité, je me permet d'en laisser une transcription ici :




Quand l’écriture fait mal

Elle n’est ni coach, ni médecin, ni enseignante. Ou un peu tout cela à la fois. Anne-Gaël Tissot,rééducatrice en écriture installée au centre socioculturel Rimbaud, suit des personnes pour qui ce geste quotidien est tout sauf simple.

Tenir le stylo entre le pouce et le majeur, écrire de façon fluide sans casser le poignet. Ces consignes, tout le monde les a entendues. Elles sont répétées par des enseignants qui n’hésitent pas à corriger des gestes imprécis ou des postures inadaptées. Seulement voila. Dans une classe de 30 élèves, difficile de repérer celui qui tient mal son crayon, celui dont le poignet est douloureux, celui qui est trop lent et décroche. Et pourtant, ils sont nombreux, ces phobiques de l’écriture, dont les devoirs sont parfois si illisibles que les professeurs ne peuvent pas les noter.

« C’est un cercle vicieux au niveau des études »

C’est pour aider ces incompris qu’Anne-Gaël Tissot, ancienne ingénieur —elle a aussi œuvré en tant que formatrice et professeur de maths — a décidé il y a un an de s’installer à son compte en tant que rééducatrice en écriture. Ses deux filles souffrent de ce genre de troubles. « Je n’avais pas de solution pour les aider, alors je me suis formée auprès d’une rééducatrice en écriture dans le Massif central. » Cette ancienne animatrice multimédia au centre socioculturel Arthur-Rimbaud y loue désormais un local, où elle assure 20 heures de séances hebdomadaires. Dans cette salle aux couleurs chatoyantes, où les murs sont recouverts de personnages de bandes dessinées, défilent quelque 70 personnes, de toute la région. Des enfants, en très grande majorité. Quelques tout-petits déjà fâchés avec le stylo, beaucoup de primaires qui commencent à se confronter aux difficultés de l’écriture, des collégiens aussi, pour qui ces troubles deviennent un réel handicap. Mais aussi des lycéens. Et de rares adultes. « Il peut s’agir de demandeurs d’emploi qui pensent être pénalisés par l’aspect de leur lettre de motivation, de chefs d’entreprise dont  la secrétaire n’arrive plus à les relire ». Et de citer le cas d’une étudiante qui s’en sortait en prenant les cours sur ordinateur mais rencontrait des problèmes lors de ses examens. Le point commun entre toutes ces personnes : « Ce sont des gens qui souffrent de dysgraphie et plus généralement de troubles liés à l’écriture : illisibilité, lenteur, douleurs. »

Dix séances maximum

La mission d’Anne-Gaël Tissot : travailler la fluidité du geste, et surtout, « le rendre automatique, car les enseignants ont beau répéter aux élèves de tenir leur stylo de telle façon, ça ne fonctionnera pas, c’est tout un processus qui passe par des exercices. » Des exercices à effectuer aussi à la maison. D’ailleurs, Anne-Gaël Tissot tient beaucoup à la présence des parents pendant les séances. « Sans eux, je ne suis rien, je suis un peu comme une coach. Ce sont eux qui font, moi, je leur donne juste les clefs. » 
DNA portrait rééducatrice écriture obernai
copyright dna 2012
Contrairement à un graphothérapeute qui suivra ses patients sur le long terme, Anne-Gaël Tissot préconise au minimum trois séances, dix tout au plus. « Je suis essentiellement des enfants, et pour eux, il faut que ça aille vite, qu’ils voient le résultat rapidement. » C’est en général dès la deuxième séance que les progrès se ressentent. 
Elle sort une tablette tactile, qu’elle utilise parfois pour faire écrire de façon plus ludique les enfants. Sur l’écran défilent de nombreux exemples de copies, avant et après la rééducation. La transformation est parfois impressionnante. À l’image de cet adolescent en classe de 3ieme qui rendait des devoirs illisibles et tâchés d’encre. « Il ne prenait pas ses cours correctement, donc ne pouvait pas bien les apprendre ni les retranscrire, et ne pouvait pas être évalué : c’est un cercle vicieux. » Anne-Gaël Tissot affiche un large sourire en montrant une copie que lui a apportée avec fierté ce même élève au bout de quelques séances : elle est impeccable. Seul problème : elle est si lisible qu’on y distingue désormais des fautes d’orthographe à chaque mot. Mais la mission de la rééducatrice, qui ne corrige que le geste, s’arrête là. Le reste est une autre histoire…
                                                                                             FANNY HOLVECK
Contact : Anne-Gaël Tissot ✆ 07 86 57 01 78.
info@sos-ecriture.fr
www.sos-ecriture.fr

Rééducation de J.B.

A son arrivée au cabinet, J.B. est un garçon scolarisé en CM1 dont l'écriture est un peu grande et flotte sur les lignes qu'il a beaucoup de mal à suivre. Il a des difficultés à reproduire le modèle d'écriture cursive que lui propose son enseignant. Ce problème le handicape au niveau scolaire, mais J.B. est très motivé pour améliorer son écriture. J.B. ne présente pas de symptômes de dysgraphie.

Le travail est fait scrupuleusement, et très régulièrement.

Dès la première séance, J.B. applique les conseils que je lui donne.
Nous arrêtons d'un commun accord la rééducation lors de la 4ème séance.

Cahier de J.B avant le 21 mars 2012
Cahier de J.B le 31 mars 2012


Cahier de J.B début mai (après les vacances de Pâques)

Rééducation de l'écriture : Axel



dysgraphie rééducation écriture cursive
Axel, CE2, avant la rééducation de l'écriture
Voici l'écriture au CE2 d'Axel, avant de commencer la rééducation de l'écriture. Du fait de ses problèmes d'écriture cursive, son enseignante envisage de ne plus corriger ses écrits.

Ensemble, nous avons travaillé la tenue et le maniement du stylo, la posture, la fluidité et la continuité du geste.

 Dès la première séance, les progrès sont visibles, puisque l'institutrice elle même (qu'Axel n'a pas mis au courant de la rééducation) remarque une différence dans la semaine qui suit. Il faut dire qu'Axel est très motivé, qu'il suit à la lettre les conseils et qu'il est extrêmement consciencieux et régulier dans ses exercices à la maison. Qui plus est, il est secondé efficacement par sa maman qui l'aide dans son travail. On est donc dans des conditions idéales pour obtenir des résultats rapides.

rééducation écriture dysgraphie
2ième séance de rééducation de l'écriture :extrait du cahier du jour

Voici, 3 semaines après le début de la rééducation, son cahier du jour: extrait d'une dictée, exercice difficile ou les enfants doivent écrire vite, et sans faute.

Si la rééducation de l'écriture n'est pas encore complètement finie, le travail régulier d'Axel a porté ses fruits, et ses problèmes d'écriture sont derrière lui.







Rééducation en écriture : objectifs



La rééducation en écriture vise à un rétablissement du geste d’écriture en apportant fluidité, vitesse d’exécution, régularité de dimension et d’inclinaison, afin de permettre une bonne lisibilité. L'action d'écrire ne doit plus engendrer de fatigue, de douleur, ou de  tensions.

La rééducation est spécifique à chaque personne et s'applique à corriger les problèmes particuliers de chacun en étudiant leurs causes. Rien de commun entre la rééducation proposée à un petit de maternelle maniant mal son crayon, à un élève en cours d'apprentissage de l'écriture au CP qui tient mal sa ligne, à un adolescent dysgraphique ou à un adulte victime d'un accident.

Ainsi, c'est la compréhension de l'origine du problème qui permet de le résoudre.


pour aller plus loin: