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A qui s'adresse la rééducation en écriture ?

améliorer son écriture cursive
améliorer son écriture est possible à tout âge

La rééducation en écriture s'adresse à toute personne qui éprouve des difficultés avec son écriture manuscrite.
  •  Le plus souvent, la rééducation en écriture concerne enfants et adolescents rencontrant des difficultés scolaires liées à des troubles de l’écriture. Celle-ci peut être douloureuse, trop lente, perçue comme  illisible, trop fatiguante...
  •   La rééducation en écriture s'adresse également aux personnes ayant subi la perte de l’usage d'une main suite à un accident ou à une maladie.
  •   La rééducation en écriture s'adresse bien évidemment à toute personne qui n'aime pas son écriture ou bien qui souffre d'être illisible et ressent le besoin d'améliorer son écriture, 
  • Enfin, la rééducation en écriture s'adresse aussi aux adultes n’ayant jamais appris à écrire : il ne s'agit plus ici d'une rééducation à proprement parler mais d'un nouvel apprentissage spécifique à l'adulte.
Il ne s'agit pas de faire des lignes d'écriture, mais de restaurer les éléments fondamentaux du geste nécessaire pour une écriture cursive fluide, rapide, confortable et lisible.

  • La rééducation en écriture peut commencer dès l'âge de 6 ans. Rarement, elle peut commencer plus tôt, en maternelle ou au CP, mais il ne s'agit alors pas véritablement d'une rééducation : il s'agit plus d'un coup de pouce pour acquérir les bonnes habitudes dès le plus jeune âge.
  • Les personnes souffrant d'handicaps particuliers comme la trisomie ou l'autisme peuvent également retirer des bénéfices d'une rééducation de l'écriture.

    La dyspraxie, qu'est-ce que c'est ?

    dyspraxie
    La dyspraxie (plus officiellement trouble d'acquisition des coordinations TAC) est une altération de la capacité à exécuter de manière automatique des mouvements déterminés, en l'absence de toute paralysie des muscles impliqués dans le mouvement. 

    Une praxie, c’est un geste qui a été appris, c’est-à-dire le résultat d’une coordination motrice volontaire, non spontanée, par exemple l’écriture. Une fois le processus acquis, ce geste et cette tâche semblent définitivement spontanés : ils sont en fait devenus automatiques. La dyspraxie, c’est le trouble qui entrave la coordination et la planification des gestes. Le dyspraxique n’acquiert que difficilement ces automatismes, c’est comme si il devait les réapprendre sans cesse.

    Le sujet doit contrôler volontairement chacun de ses gestes, ce qui est très coûteux en attention, et rend la coordination des mouvements complexes de la vie courante extrêmement difficile. Ainsi la "simple" automatisation du geste d'écriture devient pour ces enfants un exercice requérant toute leur attention, au détriment du contenu de ce qu'ils écrivent. Cela induit pour la personne dyspraxique un effort exorbitant et pourtant insoupçonné, qui ne lui permet pas de dégager suffisamment de ressources intellectuelles pour les autres aspects du langage écrit : concevoir, prêter attention au sens et à l’orthographe, synthétiser, organiser, développer. C'est ce que l'on appelle la surcharge cognitive. Il en résulte une grande fatigabilité et à long terme un découragement de l’enfant dyspraxique dans son parcours scolaire.

    L'écriture n'étant pas portée par le mouvement, rien que de tenir la ligne d'écriture requiert de ces enfants toute leur énergie. C'est pourquoi dyspraxie et dysgraphie sont si souvent associées.

    Dans la majeure partie des cas, ces difficultés de coordination des praxies sont associées à des troubles oculomoteurs. Cette difficulté à acquérir des stratégies de regard efficaces est extrêmement pénalisante dans la vie courante puisqu’elle compromet l’accès aux informations présentées visuellement. 

    La dyspraxie est un handicap peu connu, présent dès la naissance, qui concernerait pourtant un pourcentage important d'enfants (5 à 7 % des enfants de 5 à 11 ans, selon le Haut Comité de santé publique). La dyspraxie passe souvent inaperçue en maternelle, au CP et même plus tard dans la scolarité, car elle est un handicap invisible. Ces perturbations apparaissent en effet en l’absence de lésion cérébrale avérée. De ce fait, la dyspraxie est parfois mise sur le compte d'un retard intellectuel d’une immaturité de l’enfant, d’un trouble affectif ou d’un manque de stimulations. Elles sont en fait le reflet d’un dysfonctionnement du cerveau.

    Les difficultés à mettre en œuvre les adaptations nécessaires des supports scolaires qui permettraient aux élèves dyspraxiques d’accéder aux compétences de leur classe d’âge conduisent chaque année des dizaines de milliers d’enfants d’intelligence normale et même bien souvent supérieure à la moyenne vers un échec scolaire. Une coopération étroite entre l’équipe pédagogique, les intervenants médicaux et paramédicaux et les parents est indispensable à la mise en œuvre de moyens de compensation au sein de l’école.

    Symptômes possibles :
    • troubles du développement moteurs : lenteur, maladresse, difficulté à exécuter des mouvements volontaires et coordonnés (marche, bicyclette, nage, jeux de balle, couper sa viande, s'habiller, se brosser les dents, nouer ses lacets)
    • Dysgraphie : difficulté à écrire à la main et à automatiser l'écriture manuelle.
    • troubles oculaires (oculomoteurs) : saccades et poursuite oculaire, fixation oculaire : difficultés à lire, à suivre sa ligne, à se repérer sur une page et à adopter une stratégie d'exploration de la page.
    • troubles de la parole : apraxie bucco-linguo-faciale, difficultés d'élocution
    • troubles orthophoniques (pseudo-dyslexie entrainée par la dyspraxie / dysgraphie), difficultés du langage écrit
    • troubles logico-mathématiques : difficultés à poser des opérations en colonnes, à appréhender les faits mathématiques, problèmes de séquences, difficulté à se positionner dans le temps…
    Le diagnostic est posé lors d'un bilan neuropsychologique complet généralement réalisé en centre hospitalier. Le suivi de l'enfant est réalisé par un neuropédiatre.

    pour aller plus loin :

    Crampe de l'écrivain : un témoignage de rééducation


    dystonie de fonction
    La crampe de l'écrivain est une dysgraphie acquise de l'écriture survenant à l'âge l'adulte. Elle se manifeste par la contraction anormale de certains muscles de la main et des doigts, parfois de l'épaule ou du bras, survenant exclusivement durant l'acte d'écriture.

    Un patient que j'avais suivi pour une crampe de l'écrivain vient de m'écrire, pour me faire part de ses progrès. Il m'autorise à partager avec vous son témoignage, pour qu'il puisse servir à d'autres personnes souffrant comme lui de dystonie de fonction.



    "J'ai donc suivi quelques séances de mai 2013 au mois d'octobre. Après un arrêt de ces exercices j'ai repris (en janvier à domicile) Le phénomène de crispation reprenant, en décembre; Je dois constater un bon progrès. quand j'ai fait régulièrement, au cours d'une semaine par exemple , les exercices que vous m'avez donnés ; je constate une disparition du symptôme de crispation J'arrive à "contenir" ma crampe. Quand je dis contenir cela veut dire aussi, malheureusement, qu'elle ne disparaît pas définitivement ; Ce qui et vraiment gênant dans ce type de problème ,c'est que cela peut survenir brusquement, dans des situations données. (sans que je sache pourquoi) J'ai la paix pendant un certain temps, et cela revient; En faisant les exercices grapho moteurs, surtout les premiers que vous m'avez indiqués au mois de mai, cela disparait effectivement.  Il y a des moments où je ne suis absolument pas gêné. La lisibilité du graphisme s'en ressent évidemment . D'autant que je fais ces exercices avec la pâte à modeler dans la main. Je me demande pourquoi le phénomène est alors stoppé davantage , avec la fameuse pâte.... 



    La situation en février est donc la suivante . La crampe est " cachée et latente " mais les exercices permettent de débrider la main de désinhiber l'esprit; et c'est l' essentiel ! Car, j'ai bien conscience qui il y a une bonne part de "psycho" qui interfère et ce, depuis fort longtemps certes.  

    Les exercices de Monsieur Bleton étaient des exercices d’assouplissement du poignet, les vôtres, des entraînements grapho moteur. Quand je m’entraîne il en résulte un soulagement temporaire, passager. Mais, il y a objectivent un vrai progrès. Vos exercices y sont pour beaucoup. En fait (vous me le suggériez d'ailleurs) il faut que je couple les exercices de Monsieur Bleton avec vos exercices et surtout la relaxation auto training de Schultz que je pratique quotidiennement. (pour endiguer la part anxiogène du problème) Il n'y a pas de solution miracle; Il faut vivre avec. Mais vous m'avez facilité " la prise en charge" de la gêne. 



    Je tiens ici à vous remercier pour la gentillesse de votre l’accueil et surtout pour la patience, dont vous avez fait preuve, pour décrypter ce symptôme ,qui n'est pas fréquent, et votre compétence bien sûr en l'occurrence Vos séances constituent indéniablement un vrai soulagement."

    Note : Mr Bleton (cité par ce patient) est un kinésithérapeute spécialiste de la crampe de l'écrivain. Un des seuls que je connaisse qui a effectué des recherches approfondies sur cette pathologie, la dystonie durant le geste d'écrire. Son ouvrage "La rééducation de la crampe de l'écrivain" (édition Solal, malheureusement épuisé et non réédité) est pour moi une référence sur cette pathologie.

    La dysorthographie, qu'est ce que c'est ?

    enfant écriture cursive dysorthographie
    La dysorthographie est un trouble d'apprentissage caractérisé par un défaut d'assimilation important et durable des règles orthographiques (altération de l'écriture spontanée ou de l'écriture sous dictée). Celui-ci perturbe, dans des proportions variées, la conversion phono-graphique, la segmentation des composants de la phrase, l'application des conventions orthographiques (dites règles d'usage), et enfin l'orthographe grammaticale (marques flexionnelles que sont les accords et conjugaisons).

    Les problèmes découlant de la dysorthographie sont :
    • Une lenteur d'exécution, des hésitations et une pauvreté des productions ;
    • Des fautes d'orthographe, de conjugaison, de grammaire et d'analyse ;
    • Des difficultés à l'écrit semblables à celles du dyslexique ;
    • Des erreurs de copies et des découpages arbitraires ;
    • Des économies de syllabes, des omissions et des mots soudés.
    La dysorthographie fait souvent suite à une dyslexie mais l'association n'est pas systématique. On distingue le trouble du développement du trouble acquis (suite à une lésion du système nerveux par exemple), on emploie dans ce dernier cas plus fréquemment le terme d'agraphie.

    dysorthographie et dysgraphie associées


    Le TDA/H, qu'est ce que c'est ?

    hyperactivité attention écriture manuscrite
    Il nous arrive à tous d'avoir parfois des difficultés à rester assis, d'accorder toute notre attention à un discours, ou d'avoir à contrôler un comportement impulsif . Pour certaines personnes, ces problèmes sont tellement omniprésents et persistants qu'ils interfèrent avec leur vie quotidienne.




    Le trouble de l'attention

    Le trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) est une affection neurobiologique commune atteignant 5 à 8% des enfants d'âge scolaire avec des symptômes qui persistent à l'âge adulte dans 60 pour cent des cas (soit environ 4 % des adultes ) .Il est caractérisé par des niveaux inappropriés d'inattention, par de l'impulsivité et parfois par de l'hyperactivité (mais pas systématiquement).

    Bien que les personnes atteintes de ce trouble peuvent parfaitement avoir une vie épanouie, sans identification ni traitement , le TDA/H peut avoir des conséquences graves : échec scolaire , stress familial, dépression, problèmes relationnels, voire toxicomanie, délinquance, risque de blessures accidentelles. Le diagnostic et le traitement précoces sont donc extrêmement importants.

    La science médicale a identifié ce syndrome d'inattention et/ou hyperactivité depuis 1902. Ce n'est donc pas une mode récente. Cette maladie a été nommée dysfonction cérébrale minime, réaction hyperkinétique de l'enfance et plus récemment trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité ou TDA/H. Le nom actuel reflète l'importance des caractéristiques de l'inattention de la maladie ainsi que les autres caractéristiques telles que l'hyperactivité et l'impulsivité.

    les symptômes du TDA/H

    Typiquement , les symptômes du TDAH apparaissent dans la petite enfance, avant 7 ans. Plus rarement il arrive qu'ils soient associés à un certain type de lésion cérébrale acquise.  Trois types de troubles de l'attention existent :

    TDAH avec inattention prédominante : ( TDAH - I)
    • Ne parvient pas à prêter attention aux détails ou fait des fautes d'inattention .
    • A de la difficulté à soutenir son attention .
    • Ne semble pas écouter .
    • A du mal à exécuter les consignes
    • A des difficultés d''organisation .
    • Evite ou n'aime pas les tâches qui nécessitent un effort mental soutenu .
    • Perd des choses .

    TDAH de type hyperactivité-impulsivité prédominante : ( TDAH - HI )
    • Bouge les mains ou les pieds ou se tortille sur son siège .
    • A des difficultés à rester assis.
    • A du mal à s'engager dans des activités tranquillement.
    • Parle trop.
    • Laisse échapper des réponses avant que les questions soient achevées.
    • A du mal à attendre son tour.


    Type TDAH combiné : ( TDAH - C )
    • La personne satisfait les deux ensembles de critères concernant l'inattention et l' hyperactivité / impulsivité .


    Les jeunes avec TDA/H sont souvent confrontés à des retards dans leur développement et peuvent donc se comporter de manière plus immature que les autres enfants du même âge11. Le TDA/H est souvent associé avec d'autres troubles, tels que la dépression, l'anxiété ou des troubles d'apprentissage.  Au cabinet de rééducation de l'écriture j'observe une proportion élevée d'enfant diagnostiqués TDA/H parmi les enfants ayant des problèmes de dysgraphie.

    Les adolescents atteints de TDA/H présentent un défi particulier . Au cours de leurs années de scolarité, les exigences académiques et organisationnelles augmentent, et leur écriture s'en ressent. En outre, ces jeunes impulsifs sont confrontés à des problèmes typiques des adolescents : la découverte de leur identité, la découverte de l'indépendance, la pression des pairs, et les défis de la conduite adolescente.

    La rééducation de l'écriture des enfants TDA/H, même si elle nécessite quelques adaptation en terme de contrôle de la posture et de durée des exercices, se déroule comme pour d'autres troubles d'apprentissage, et donne en général de bons résultats.

    Pour aller plus loin :





    La précocite, qu'est ce que c'est?

    La précocité intellectuelle - par Jean-Charles TERRASSIER, Jean BRUNAULT, Robert PAGÈS - Psychologues

    ci dessous vous trouverez des extraits du site EEIP

    « Non à l'élitisme », « Il est intelligent, il s'en sortira toujours ! », « Ils sont déjà assez gâtés par la nature », « Ce sont des enfants poussés par les parents », etc.
    Ces idées fausses, perpétuées et jamais remises en question, ont la vie dure, et continuent de plonger ... 50 % de ces enfants dans la détresse. Que nous les appelions précoces, surdoués, enfants à QI élevé ... Peu importe le vocable choisi, ces enfants existent.
    La précocité, parce qu'elle concerne l'intelligence, fait peur.
    Les médias en ont développé la face mythique : celle du « petit génie ». Mais au-delà de cette caricature, il existe une véritable souffrance pour tous les enfants non détectés, ne correspondant pas à ce cliché médiatique. La méconnaissance de cette réalité, alliée aux préjugés tenaces, nous induit souvent en erreur en matière éducative.
    Pourquoi faut-il s'en préoccuper ?
    • Parce que la précocité intellectuelle peut être à l'origine de troubles du comportement, ou encore les aggraver si elle n'est pas prise en considération (le suicide est 3 fois plus fréquent chez les enfants intellectuellement précoces).
    • Parce que la précocité intellectuelle implique des risques d'échec tant sur le plan scolaire, personnel que social, et qu'il importe de la déceler chez le jeune enfant pour être en mesure de prévenir plutôt que de guérir.
    • Parce que ces enfants, que « tout prédispose à réussir », se trouvent souvent en difficulté, voire en souffrance, et que notre rôle d'adultes est de les accompagner et de les soutenir.
    • Parce que ces enfants n'ont aucune autre alternative : l'éducation est obligatoire et la mission éducative de l'école est d'aider au développement de chaque enfant.
      Or, surdoué signifie trop doué, trop précoce pour s'adapter sans dommages à la norme de progression scolaire que le système éducatif a fixée.
      Cette pression scolaire normalisatrice subie, pousse l'enfant à l'inadaptation, au déni de ses possibilités et à sa marginalisation sociale.
    • Parce que des enfants qui ont subi des années de frustration deviendront des adultes plein de ressentiments qu'ils dirigeront contre la société avec plus ou moins de violence ... Et beaucoup d'intelligence !
    Définition
    Au-delà du mythe du « petit génie » : qu'est-ce qu'un enfant intellectuellement précoce (EIP) ?
    C'est un enfant dont l'âge mental est en avance de plusieurs années par rapport à l'âge réel physique et affectif. On dit qu'il est EIP lorsque son QI mesuré par des tests psychométriques (WISC 3) dépasse 125.
    Pour nous aider en tant qu'adultes à prêtre un autre regard sur ce sujet, voici quelques réflexions :
    • Le QI moyen de la population est basé à 100. On parle de déficience intellectuelle lorsque le QI est inférieur ou égal à .75, de précocité intellectuelle lorsque celui-ci atteint .125.
      À titre indicatif et dans l'absolu, on estime que l'enfant précoce doit fournir le même type d'effort et d'adaptation constant au sein du système scolaire actuel qu'un enfant dit « normal » (QI = 100) que l'on obligerait à suivre une scolarité dans une classe de déficients mentaux (QI = 75) !
    • Nous-même en tant qu'adulte, quel serait notre comportement dans une telle situation ? Comment s'adapterait-on ?
      Imaginez maintenant un enfant qui tente de vivre quotidiennement cette situation en ignorant totalement la cause de ses difficultés ; seules deux solutions s'offrent à lui pour exprimer son mal-être :
         
      • Soit « c'est le monde extérieur qui ne va pas » et l'enfant extériorisera ses difficultés à vivre cette situation, en adoptant des comportements alarmants (arrogance, prétention, isolement, dissipation, rêverie, ...)
      • Soit « c'est lui qui est anormal » et il intériorisera sa douleur par des comportements autodestructeurs (dépréciation ; automutilation ...)

    Reconnaissance
    La précocité intellectuelle peut facilement rester méconnue tant des parents que des enseignants, non informés et figés dans l'image mythique du surdoué. Car attention : il faut savoir qu'un enfant précoce n'est pas forcément un bon élève, comme il est vrai qu'un bon élève n'est pas forcément précoce !
    .... D'où les difficultés de détection.
    Par ailleurs :
    • Plus la précocité est importante, plus la situation peut être délicate et l'avenir de l'enfant incertain
    • Les garçons « assument » plus difficilement leur précocité que les filles, d'où des problèmes comportementaux plus fréquents
    Problématique des EIP
    Caractéristiques communes :
    Il faut être conscient que chez l'enfant précoce, seul le niveau intellectuel est en avance, les autres composantes de la personnalité suivent un développement normal, voire présentent, parfois, un léger retard.
    « Pour parler de ces enfants, J.-C. Terrassier a créé le terme de « dyssynchronie », élément du vocabulaire grec de « dys » : difficulté, « syn » : avec, « chronos » : le temps. La dyssynchronie de l'enfant intellectuellement précoce ne serait autre que la difficulté pour lui, à la différence de la plupart des autres enfants, à présenter un développement homogène des différents secteurs de sa personnalité, c'est-à-dire : entre les niveaux intellectuels, affectifs, psychomoteurs et graphomoteurs. »
    [Jean Brunault Conférence du 10/09/94 à Tours]
    Chaque enfant intellectuellement précoce doit assurer quotidiennement ce déséquilibre entre les différents secteurs de son développement. De cette situation « inconfortable » vont découler certains types de comportements, assez fréquents pour que l'on puisse les considérer comme caractéristiques.
    Par exemples :
    • L'EIP préfère des camarades plus âgés que lui mais ne peut partager toutes leurs préoccupations d'où son isolement fréquent.
    • L'EIP n'est stimulé que par des activités difficiles (il pourra faire des erreurs ou ne pas vouloir faire quand il s'agit de choses simples), mais très sensible il ne supporte pas d'échouer ce qui peut le bloquer s'il ne se sent pas soutenu et accompagné.
    • L'EIP comprend tout très rapidement, et supporte très mal la répétition. Il veut aller de l'avant. Il souffre d'être ralenti par des impératifs scolaires ; des difficultés voire des retards en écriture sont fréquents.
    • Sa motricité ne correspond pas à celle des enfants du même age intellectuel
    • Son rapport à l'écriture et aux activités nécessitant une motricité fine est souvent dégradé. Celà peut déboucher sur une dysgraphie
    • L'EIP est hypersensible : il a accès, de par son avance intellectuelle, à des informations qu'il ne peut gérer affectivement, ce qui est générateur d'angoisses. Il ne supporte pas l'injustice. Son sens de l'humour est particulièrement développé et peut être très acide.
    • La curiosité et sa mémoire sont importantes et sa concentration impressionnante quand l'enfant est motivé.
    • Non détecté, l'enfant intellectuellement précoce se sent différent des autres mais ignore totalement la source de son malaise : l'auto-dévaluation ou les problèmes comportementaux commencent dès qu'il est incompris.
    Remarque : le redoublement n'est jamais une solution pour l'EIP
    Mais au-delà de ces données de base, il n'y a pas de profil d'enfant type. À l’intérieur même de cette grande efficience intellectuelle globale, de grands écarts peuvent apparaître, variables selon les sujets :
    « Ainsi pour un Q.I. de 125,certains présenteront une avance importante dans le secteur verbal et auront une efficience sensiblement moins bonne sur le plan du raisonnement. Chez d'autres enfants l'inverse sera observé.
    Les conclusions à tirer sur le plan pédagogique ne seront pas les mêmes. C'est pourquoi au-delà du QI, il convient également de connaître la dispersion des résultats, si celle-ci est importante, et les activités dans lesquelles la précocité ou le retard se manifestent. »
    [J.C. Terrassier]
    Afin d'aider l'enfant et d'éviter de créer ou d'accentuer sa marginalisation, il revient aux adultes d'adapter leurs comportements à ses besoins de base, et au système éducatif de lui proposer des structures adaptées.


    Nombre de problèmes seraient évités si l'on permettait à l'enfant de se développer à son rythme et non contraint par des normes d'âge légal.
    La déficience est reconnue, le « surdouement », quant à lui, est socialement refoulé.
    Prise en charge scolaire de la précocité
    Trop souvent, parents et enfants ne rencontrent dans le monde scolaire qu'incompréhension, réticences et même hostilité.
    Il est évident que si l'on peut « résumer » un enfant à son Q.I., sa différence doit être acceptée et prise en compte au même titre que toute autre.
    Actuellement, alors que l'on fournira à un enfant de 10 ans, qui chausse du 42, des chaussures à sa pointure, on refusera de « chausser » les E.I.P. d'une scolarité à leur juste mesure, sous prétexte qu'ils n'ont pas l'âge légal ou ne sont pas matures affectivement !
    Dans certains cas, les enseignants ne manquent pourtant pas de bonne volonté. Mais le manque d'information sur le thème de la précocité intellectuelle, et à fortiori l'absence totale de formation rend leur position inconfortable.

    pour aller plus loin :