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La rééducation de l'écriture

Traitement de la dysgraphie: 
écriture lente, douloureuse, illisible
chez l'enfant, l'adolescent, l'adulte
 
écriture dysgraphieLa rééducation de l'écriture est une spécialité méconnue dont le but est de traiter et corriger la dysgraphie et plus généralement les troubles liés à l'écriture : illisibilité, lenteur, douleurs.
Quel que soit l'âge, il est possible de restaurer son geste graphique en quelques séances, afin de se donner toutes les chances de réussite.

J'ai créé ce site, car je suis rééducatrice en écriture. Vous trouverez ici tout ce qu'il faut savoir sur cette spécialité, ainsi que des conseils pour  vaincre la dysgraphie, et éviter de la provoquer.
Mon cabinet est situé à Obernai en  Alsace, mais je travaille en collaboration avec d'autres cabinets de rééduction en écriture en France, entre autres  à Paris et en Bretagne.


Ce site évolue au fil de mes réflexions. Pour vous y retrouver, voici quelques thèmes


N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions, ou si vous souhaitez que j'aborde un thème particulier dans ce blog.

Cordialement

Anne-Gaël TISSOT info@sos-ecriture.fr

dysgraphie de l'enfant, dysgraphie de l'adolescent


La dysgraphie est un trouble qui affecte l’écriture dans son tracé. Elle peut apparaître à l’école primaire ou plus tard à n’importe quel moment de la vie. Chez l’enfant ou l’adolescent elle est souvent à l’origine de l’échec scolaire.

La dysgraphie au même titre que la dyslexie est reconnue comme handicap par les autorités scolaires et donne lieu à la possibilité d’utiliser le tiers-temps lors des examens.

Les causes de la dysgraphie 

  • apprentissage insuffisant en maternelle et en CP souvent doublé d’une mauvaise posture et d’une tenue du stylo déficiente,
  • problèmes liés à d’autres troubles (dyspraxie en particulier),
  • handicap visuel ou auditif,
  • dystonie de fonction appelée aussi « crampe de l’écrivain »,
  • atteinte du geste graphique due à une pathologie (par exemple la maladie de Parkinson) ou à l’âge.
  • écriture de la main gauche quand on est droitier ou l'inverse

Les symptômes de la dysgraphie 

dysgraphie
Bastian, dysgraphie sévère (©C. Cheynel)
  • La personne écrit de moins en moins
  • L'écriture fatigue anormalement.
  • L'écriture est difficile à lire.
  • L'écriture est trop lente.
  • L'écriture provoque des douleurs 
  • L'écriture ne suit pas les lignes

Les types de dysgraphies 

Le neuropsychiatre Ajuriaguerra, a établi une classification des dysgraphies en cinq groupes distincts :

  • dysgraphies molles

  • dysgraphies impulsives

  • dysgraphies maladroites

  • dysgraphies raide

  • dysgraphies lentes et précises.
Pour chaque type de dysgraphie, les personnes atteintes ont des comportements différents vis à vis de l'écriture. La dysgraphie est une des causes principales de consultation dans mon cabinet de rééducation en écriture.

Pour aller plus loin

Précoce et dysgraphique

M. est un jeune homme brillant, scolarisé en 5ème. Enfant à haut potentiel, il a sauté une classe en primaire. Comme beaucoup d'enfants précoces, l'écriture a toujours été un problème pour lui : écrire est un acte qui prend beaucoup trop de temps, et qui ne lui sert pas à grand chose puisqu'il n'a pas besoin d'écrire pour retenir ses leçons. Au collège, ses résultats sont toujours aussi bons, mais son écriture est devenue illisible. Pour lui permettre de continuer ses études dans de bonnes conditions, M utilise depuis le début de l'année un ordinateur en classe, ce qui lui convient beaucoup mieux que le traditionnel stylo. Malgré tout, même s'il n'a pas l'intention d'abandonner l'ordinateur en classe, il reconnaît que dans certaines situations il est bien pratique de pouvoir écrire. A ce titre, il a souhaité entreprendre une rééducation pour récupérer une écriture lisible.

Voici le résultat de ses efforts, sur une durée de rééducation de 4 mois, soit 6 séances en tout. En haut, un extrait de son écriture en cours d'histoire début janvier, en bas un extrait de son cahier de physique début mai.

Tout n'est pas parfait, mais l'objectif est atteint : M. peut prendre des notes lisibles au collège à la vitesse exigée par son niveau scolaire.

La dysgraphie, l'écriture cursive, et le chinois

écriturechinoise pinceauUn article récent de Research in Developmental Disabilities a attiré mon attention. Il s'agit d'un travail de l'université de Taïwan sur la caractérisation des mouvements de la main dans les cas de dysgraphie. Bien entendu l'écriture considérée est l'écriture scolaire en vigueur à Taïwan, à savoir l'écriture chinoise traditionnelle, qui est particulièrement éloignée en terme de tracé de l'écriture cursive que nous utilisons pour l'alphabet latin.





Ce qui m'a particulièrement interpellée, c'est que les conclusions de nos collègues taïwanais sont très proches de celles que nous avons en France sur l'écriture cursive.

La dysgraphie des enfants taïwanais se caractérise par des interruptions du geste d'écriture pendant les levées de crayons plus longues que pour le groupe témoin, et par des changements accrus de vitesse et de direction dans le tracé.

Full-size image (65 K)
Exemples de mesures du geste d'écriture en chinois (à gauche: un exemple de groupe de contrôle, à droite: un exemple de groupe dysgraphique). Les données comprennent la trajectoire du stylo (en haut), les profils de vitesse (au milieu) et la force axiale exercée sur le stylo (en bas).



Ce sont exactement les mêmes conclusions que celle des équipes du laboratoire d'Albaret, et que celle que j'ai dans la pratique de la rééducation de l'écriture au cabinet. Le contrôle des levées de crayon, et la maîtrise des vitesses et des changements de direction sont cruciaux pour rééduquer l'écriture. Apparemment ces conclusions sont identiques pour la dysgraphie en écriture chinoise comme en écriture cursive française.

écriture cursive analyse vitesse direction
Un exemple de mesures de vitesses similaires sur le tracé de la lettre "a" en écriture cursive


L'article d'origine :
a Department of Occupational Therapy, I-Shou University, Kaohsiung, Taiwan
b Department of Physical Therapy, I-Shou University, Kaohsiung, Taiwan

Traduction du résumé de l'article :

La Dysgraphie (lorsqu'elle est d'une gravité suffisante pour interférer avec le travail scolaire) a été reconnue comme constituant un trouble spécifique. Caractériser les problèmes du geste d'écriture est une étape nécessaire pour permettre une meilleure intervention thérapeutique. Parmi des enfants âgés de 6 à 8 ans, 69 enfants présentant des caractéristiques dysgraphiques (groupe d'étude) et 69 enfants aux compétences avérées en écriture manuelle (groupe témoin) ont été recrutés dans cette étude. Ils ont passé quatre tests de copie de différents niveaux de complexité qui ont été mesurés à l'aide d'une tablette numérique. Les données acquises consistent en des mesures directes (force de la pointe du stylo) et des paramètres dérivés (vitesse de course, temps de pause, le nombre de pics de vitesse et le ratio entre les temps de levée de crayon et le temps de tracé). La principale conclusion est que les enfants qui présentent des caractéristiques dysgraphiques ont des temps de pause plus élevés et une augmentation du nombre de changements de direction et de vitesse. Des différences significatives ont également été observées à l’intérieur de chaque groupe, en particulier dans le groupe témoin. Les paramètres extraits et observés dans cette étude pourront permettre de différencier et de caractériser les problèmes d'écriture provenant de déficits de la motricité fine.

Pour aller plus loin :






Journée Internationale de Réflexion autour de l’Écriture de l’Enfant à Bruxelles

Journée Internationale
de Réflexion autour de l’Écriture de l’Enfant
19 octobre 2013
Institut libre Marie Haps - Bruxelles
dysgraphie enfant écriture aide

À l’ère des nouvelles technologies, l’écriture cursive pose toujours problème à de nombreux enfants avec, pour nombre d’entre eux, des conséquences scolaires, psychologiques et sociales. À l’heure des tablettes et du multimédia et face à ces difficultés d’apprentissage, qu’est-ce qu’écrire aujourd’hui ? Comment, en tant que professionnel, aborder les troubles d'écriture et la dysgraphie ? Comment  évaluer et rééduquer, tout en sachant rester à l’écoute de la souffrance de l’enfant que l’écriture comme langage exprime ?

Avec le soutien de l’Institut libre Marie Haps qui forme les futurs psychomotriciens et logopèdes, orthophonistes à Bruxelles, des intervenants de différents horizons viendront construire des réponses à cette problématique.
Trace corporelle à la charnière du sensoriel, de la sensori-motricité, de la pensée et de l’affectif, l’écriture cursive convoque des abords pluridisciplinaires, complémentarité des approches que nous souhaitons voir inscrites au fondement de cette rencontre.
L’écriture est rythme, couleur, geste, mouvement, lien avec l’autre, avec le monde. Des structures associatives et artistiques seront également présentes pour nous inviter à entrer dans l’expérience sensorielle de l’écrit.
avec :
  • Bernard Rey, professeur en Sciences de l’Éducation.
  • Charlotte Marcilhacy, psychologue clinicienne, Docteur en Psychologie.
  • Tatiana De Barelli, Psychopédagogue et graphologue.
  • Adeline Eloy psychologue de l’éducation 
  • Godeleine Le Grix, graphothérapeute
  • Marie-Lyne Benoît, ergothérapeute
  • Frédérique Bosse-Demirdjian, graphomotricienne.
  • Claude Sternis, psychanalyste.
  • Christian Houegbe, pédo-psychiatre
  • Michel Habib, neurologue   .
 informations : ecritureoct2013@gmail.com,  www.ecrire-aujourdhui.be
 

 

Dysgraphie : les garçons sont ils plus concernés que les filles ?

Les garçons sont-ils plus concernés par la dysgraphie que les filles? 
Lorsque je regarde les statistiques des consultations au  cabinet, je dois bien admettre que je reçois beaucoup plus de garçons (et d'hommes adultes) que de filles.
Pourtant, il n'est pas dit que cela reflète réellement la répartition des troubles de l'écriture cursive dans la population. Shaywitz avait proposé en 1990 que  les enseignants signaleraient plus souvent des problèmes d’apprentissage chez les garçons à cause de problèmes de comportement associé. Cela voudrait dire que mes statistiques personnelles pourraient être faussées : Les filles me sont-elles moins adressées parce que leurs difficultés d'écriture ont moins d'impact sur  leur insertion dans la classe? Les filles masquent peut être plus facilement leurs difficultés avec l'écriture. Ou bien les garçons ayant des difficultés avec l'écriture cursive ont plus facilement une attitude d'opposition à l'autorité scolaire qui rendent leurs troubles encore plus visibles?

On dispose en fait de peu d'études épidémiologiques récentes spécifiques à la dysgraphie.
En France, la différence des troubles de l'écriture entre garçons et filles est illustrée indirectement par les données des enfants de la cohorte Gazel (2 582 enfants âgés de 4 à 16 ans ; Fombonne et Vermeersch, 1997) : plus de garçons que de filles consultent des spécialistes pour des problèmes de lecture et d’écriture.
De plus les études épidémiologiques sur les troubles de la lecture vont dans le même sens : Par exemple les recherches de Fergusson, 1996 ; Flannery, 2000 ; Katusic, 2001 ; St Sauver, 2001 ; Liederman , 2005 et  surtout la méta analyse de Rutter , 2004, indiquent que les problèmes de lecture sont de 1,5 à 3 fois plus fréquents chez les garçons que chez les filles. 
Si la différence de sexe dans l’apprentissage de la lecture et de l'écriture semble avérée par ces études, les causes à la base de cette différence restent à explorer.

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