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Rééducation de l'écriture au collège et au lycée : ça marche aussi !

La rééducation de l'écriture est destinée à toute personne souffrant de son écriture. Elle a pour objectif d'améliorer la lisibilité, le soin, la vitesse ou encore la douleur liée à une mauvaise tenue de crayon.

Chez l'enfant de primaire, en cours d'apprentissage de l'écriture, il semble logique que la rééducation soit efficace. Mais qu'en est-il de la rééducation des adolescents et jeunes adultes ? Quand j'en discute autour de moi, l'idée qui prédomine est que cela serait trop tard. Parfois, c'est même dès le CE2 que l'on affirme qu'il n'est plus possible de changer les habitudes.

Et pourtant... Il n'est jamais trop tard pour restaurer son geste d'écriture et retrouver une écriture lisible, fluide et sans douleur. Que l'on soit en primaire, au collège, au lycée, dans les classes supérieures, ou encore dans la vie active, il est toujours possible de s'améliorer!
Pour en témoigner, voici une vidéo illustrant les progrès de collégiens et lycéens. 
PS : La plus longue des rééducations présentées ici a duré 5 mois et 12 jours.

Mémo : Modèle d'écriture


Suite à mon article sur l'importance du modèle d'écriture lors de l'apprentissage, voici un petit mémo pour se souvenir des points importants que doivent respecter les modèles.

À partager sans modération !

écriture cursive importance du modèle
Mémo : quel modèle pour une belle écriture

Idées pour bien apprendre à écrire : Le modèle d'écriture donné aux enfants

Vous avez peut-être lu l'article que ma collègue rééducatrice Laurence Pierson a écrit récemment intitulé : L'écriture au tableau un geste professionnel à soigner.

Elle y explique en particulier les difficultés rencontrées par les jeunes enseignants qui doivent écrire au tableau de beaux modèles pour leurs élèves.

Pour ma part, je souhaite vous présenter ici quelques réflexions sur l'écriture de l'enseignant mais cette fois, dans les cahiers de leurs élèves.
En effet, j'ai eu le plaisir d'avoir ce matin en main le cahier de la petite soeur d'un de mes élèves en rééducation. Ce cahier a été commencé en fin de grande section de maternelle, puis a continué en CP.
On peut, avec un peu d'observation, y découvrir comment les variations du modèle enseignant modifient l'écriture de l'enfant. 

Voici une des premières pages.

Cahier du jour au mois de juin, élève de grande section de maternelle.

Je tiens tout d'abord à saluer le travail de l'enseignant. Nous sommes donc en juin de l'année de grande section de maternelle, dans une classe bilingue français-allemand. Il est clair que les enfants on été sérieusement préparés à l'écriture cursive, comme le montre le travail de l'élève qui arrive a écrire en cursif dans les lignes.

Le cahier choisi présente un lignage Seyès dit "grands carreaux" agrandi, dont l'interligne fait 3mm. C'est un excellent choix parfaitement adapté pour la grande section ou le CP, même pour les élèves de CE1 qui en ont encore besoin.
Le lignage est également bicolore, la ligne de base est bleu foncé, alors que les interlignes sont en bleu turquoise. Le contraste des couleurs permet une perception optimale du lignage par les enfants.

L'enseignant s'est donné beaucoup de mal à tracer les modèles à la main, avec une graphie irréprochable. La lettre "e" est réalisée simplement, en petite boucle, le a est présenté sans trait d'attaque inutile. Par ailleurs, devant les lettres rondes l'enseignant a bien levé le crayon. La lettre "o" ne comporte pas d'oeilleton .  Les dimensions du modèle respectent aussi parfaitement le lignage. Enfin, les majuscules utilisées (indispensables pour les noms en allemand) sont celles que les enfants connaissent depuis la moyenne section, et non les majuscules cursives tarabiscotées qui ne seront enseignées qu'en CE1 ou à partir du milieu du CP.

À la page suivante malheureusement, on peut repérer quelques défauts dans le modèle donné à reproduire aux enfants. Je vous laisse en premier lieu observer la page d'écriture... Voyez-vous ce qui cloche et les conséquences pour l'élève ?

Cahier du jour fin juin, élève de grande section de maternelle.

Le premier défaut apparait au niveau du modèle de lettre "v". En effet, il existe un oeilleton dans cette lettre, que l'enfant reproduit. L'élève se débrouille plutôt bien, alors que l'enchaînement des lettres "v" et "e" est particulièrement compliqué. 
Tout d'abord, la lettre "v" se termine en haut du premier interligne, alors que la lettre "e" commence normalement sur la ligne de base, donc en bas de ce même interligne. Il faut donc modifier la forme du "e" qui doit commencer plus haut que normalement. Si en plus le "v" possède un oeilleton (c'est le nom de la petite bouclette), il faut veiller à bien différencier l'oeilleton (qui doit rester petit) du "e" (qui est un peu plus grand, mais pas trop pour ne pas dépasser de l'interligne).

En gros plan, voici ce que cela donne :

"ve" enseignant avec oeilleton, reproduit par l'élève

Il aurait été plus logique (et plus simple pour l'enfant) de ne pas mettre d'oeilleton au v. Ainsi, plus de risque de confondre oeilleton du "v" et lettre "e". 
D'ailleurs, c'est ce second modèle que propose l'enseignant à la ligne suivante, dans le mot: "vendredi" qui ne comporte pas d'oeilleton. Cela me fait dire que l'oeilleton observé dans le modèle "ve" est un défaut non voulu par l'enseignant, très probablement dû à la fatigue (Nous sommes le 21 juin, l'année touche à sa fin, la période des livrets de compétences à remplir bat son plein, mais l'enseignant fait toujours tous ses modèles à la main...).

"ve" enseignants sans oeilleton, reproduit à la perfection par l'élève

C'est là que l'on peut véritablement commencer à prendre conscience de l'importance du modèle enseignant. Alors que l'élève a fait une ligne complète de "ve" avec oeilletons dans la lettre "v" à la ligne précédente, elle reproduit pourtant fidèlement le nouveau modèle de l'enseignant, sans oeilleton cette fois. C'est particulièrement visible au début des mots "vendredi". Autre détail à noter, il n'y a pas d'oeilleton dans le "r", l'enfant n'en fait donc pas non plus.
Par ailleurs, il existe un autre tout petit défaut dans le "vendredi" de l'enseignant. Avez-vous remarqué le second "e" dans le modèle en rouge ? Au lieu d'avoir écrit le "e" en petite boucle comme à son habitude, le second "e" de l'enseignant présente un arrêt dans le mouvement, une cassure : il s'agit d'un "e" apraxique. Maintenant, observez attentivement le second "vendredi" de l'élève. Bingo, le deuxième e est apraxique lui aussi. 

On pourrait penser que ce sont des détails, mais en fait toute l'attention de l'enfant porte sur les détails qu'il s'efforce de reproduire le plus fidèlement possible. Si votre modèle (que vous soyez parent ou enseignant) présente un défaut, nul doute qu'il sera reproduit et amplifié par l'enfant.

Pour vous en convaincre, continuons encore à tourner les pages de ce cahier. Nous arrivons maintenant au 2 septembre, on est donc maintenant en classe de CP.  Comme il s'agit d'un CP bilingue, il y a deux nouveaux enseignants. Sur cette page, c'est l'enseignant de langue allemande qui prend le relais.

Cahier du 2 septembre, début de CP bilingue (Cours Préparatoire)
On sent tout de suite que la liaison grande section/CP se fait bien, que les enseignants semblent être sur la même longueur d'onde : le cahier commencé en maternelle est réutilisé, les modèles de "e" de la fin de la page sont toujours en petite boucle, et les "a" n'ont pas de trait d'attaque, le modèles sont faits à la main. L'enfant n'est donc pas dépaysé.
Toutefois, on note aussi que le nouvel enseignant n'a pas tout à fait la même rigueur que l'autre dans ses modèles d'écriture. Approchons nous :

Défaut dans le modèle d'écriture sur la taille des lettres
Normalement, le "S" majuscule, le "h" et le "l" du modèle rouge "Schule" devraient faire 3 interlignes de haut. En réalité, "S" et "h" sont hauts de 2 interlignes seulement, "l" fait deux interlignes et demi. Qu'en est-il de la production de l'enfant ? Elle respecte scrupuleusement le modèle enseignant, avec "S" et "h" qui mesurent deux interlignes de haut, et le "l" qui en mesure deux et demi... même le "e" de "Schule" est un peu trop grand, tant chez l'enseignant que l'enfant...
Auriez-vous imaginé une telle application et une telle attention au détail de la part de l'élève ?


Défaut d'interruption du geste dans le modèle, et e apraxique.

Il est aussi intéressant de noter que les deux lettres "r"  du modèle rouge "Lehrerin" présentent un oeilleton, ce qui n'est plus le cas dans le modèle suivant... ni dans la reproduction de l'élève qui ne peut donc automatiser son geste puisqu'il se modifie sans cesse en suivant le modèle qui fluctue. 


"r" sans oeilletons, mais défaut sur "S" "l" et "h" qui sont trop petits

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin, continuons nos observations à la loupe. Deux défauts apparaissent clairement ci-dessus dans le mot "die Lehrerin". Primo, les deux "e" du modèle sont différents (un "e" bouclé, un "e" apraxique). Secundo, le i est fait comme un petit bâton, ce qui entraîne des trous dans le mot avant et après la lettre. Comment l'enfant a-t-il reproduit le modèle ? Avec le même i bâtonné, et les mêmes trous. Quant au premier "e", l'enfant l'a reproduit apraxique comme sur le modèle, alors que le second est en boucle, toujours comme sur le modèle.


Continuons sur la page suivante pour finir notre analyse.

Page de cahier suivante, CP bilingue.



Dans le mot Elena, on peut observer que l'enseignant n'a pas écrit le "a" de façon classique. Il s'agit ici d'un "a" en 2 morceaux : le corps du "a" ( appelé l'ove) est commencé et terminé en haut à gauche, ce qui impose de lever le crayon pour terminer la lettre. Par contre, l'enfant ne suit ici pas du tout le modèle de l'enseignant, puisqu'il n'y a plus de lever de crayon, l'enfant faisant un aller-retour en vague.  
On peut donc s'interroger sur la cohérence de l'enseignement prodigué puisqu'on a jusqu'ici trouvé déjà au moins trois modèles différents de lettre "a" : en deux morceaux, en un seul morceau sans lever le crayon et en un seul morceau mais en levant le crayon avant... Notre bonne petite élève s'en tire bien, mais qu'en serait-il pour un élève en difficulté ?



Erreur dans le modèle enseignant sur la lettre "a", autre erreur chez l'enfant.

J'enfonce une dernière fois le clou, avec encore un exemple. Ci-dessous, les modèles enseignants sont nettement erronés. Les lettres "l" au lieu de commencer sur la ligne de base, commencent en haut du premier interligne. Au début, l'enfant continue comme il avait appris, d'autant plus que l'enseignant a mis un point rouge pour indiquer où commencer la lettre... Au bout de trois "le", l'enfant se rend compte de son erreur et rectifie sur les deux derniers "le" de la ligne.
Ici, le défaut observable dans l'écriture de l'enfant est clairement imputable au modèle...

Erreur de point d'attaque du modèle enseignant


En conclusion, j'espère vous avoir convaincu qu'il est crucial de soigner les modèles que l'on donne aux enfants lors de l'apprentissage de l'écriture. Ces petites variations observées dans les modèles perturbent les élèves, même les élèves sans difficulté d'apprentissage aucune. Elles peuvent par contre durablement affecter l'automatisation du geste des élèves les plus faibles ou ayant le moins confiance en eux.


Pour en savoir plus


Se repérer dans le lignage (par Isabelle Godefroy)

Quelle place pour l'écriture en élémentaire ? (Par Laurence Pierson)















Sondage : Quelles couleurs pour le papier Gurvan?

Sos-écriture a besoin de votre avis pour améliorer le papier Gurvan, un lignage scolaire destiné à rendre l'écriture plus simple pour les enfants en difficulté.



Similaire au lignage Seyès " grands carreaux " utilisé dans les écoles, j'ai cependant espacé plus les lignes afin que les lettres ne se mélangent pas, et ajouté des couleurs afin que les enfants puissent mieux visualiser jusqu'où montent et descendent les lettres.

Vous trouverez les versions actuelles du papier en téléchargement ici : 

Alors, d'après vous,  quelles sont les couleurs les plus adaptées? Quelles sont les couleurs qui sont à la fois agréables à l'oeil et suffisamment contrastées pour aider les enfants?


Note : merci à tous pour vos contributions. Après plusieurs années de démarches j'ai enfin réussi à convaincre un éditeur (éditions MDI, Nathan) de publier un cahier avec le lignage Gurvan. On a essayé de contenir le prix autant que possible : pour 48/32 pages, il devrait vous couter moins cher que vos impressions couleurs. Et le rendu est quand même bien mieux que sur des feuilles volantes. Vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies, ou chez un marchand en ligne bien connu avec les liens suivants:



en 2,5 mm, format portrait





en 3mm, format paysage

Lien vers le site officiel du lignage Gurvan


Faut-il alléger l'écrit des élèves en difficulté?

Un Papa et enseignant me fait remarquer que ce que j'ai écrit précédemment peut être mal compris.

"Bonjour, je viens de lire votre article et attention, lorsque vous écrivez " Non il ne faut pas faire écrire moins". De quel cycle parlez vous ???

 Mon fils souffre depuis la MS et on se bat aujourd’hui en CE2 où les leçons à copier sont de plus en plus longues à ce qu’il ait des photocopies car il ne peut pas se relire, certains mots devenant illisibles et d’autres manquants, la phrase ne donnant plus de sens!


Merci de rectifier vos propos pour des parents non professionnels."
L'objet de ce billet n'est pas de revenir sur mes propos, que vous pourrez lire en cliquant ici, mais je souhaite toutefois répondre à cette remarque qui me parait tout à fait judicieuse et préciser ce que j'entends par là précisément.

Aujourd'hui, de plus en plus nombreux sont les enfants en difficulté avec l'écriture. Grande est donc la tentation de résoudre le problème en les faisant écrire moins.
Cette adaptation a des avantages, j'en conviens. Vous pouvez d'ailleurs lire ce que j'écrivais sur le sujet en cliquant ici : un dysgraphique dans la classe.

Il est donc assez clair que je suis tout à fait d'accord pour qu'on adapte la quantité d'écrit d'un enfant en fonction de ses capacités. On ne laisse tout simplement pas souffrir un enfant en difficulté avec l'écriture.

Toutefois, et comme je le mentionne dans l'article "un dysgraphique dans la classe", une réduction de la quantité d'écrit n'est pas une solution au problème à elle toute seule! Il faut impérativement qu'elle soit associée à une prise en charge particulière de rééducation du trouble.

En effet, un enfant qui n'écrit pas (ou peu) progresse moins vite que les autres. On se retrouve donc avec un écart de plus en plus grand avec ses pairs.

Or, deux possibilités s'offrent à nous :

- l'enfant a un simple retard d'écriture par rapport aux autres, lié par exemple à un mauvais apprentissage, ou a un épisode de son parcours qui lui fait détester le fait d'écrire. Peu importe l'origine du problème,  l'enfant  aura les capacités d'écrire comme les autres dans un avenir proche... si seulement il s'entraîne! Réduire la quantité d'écrit le soulage certainement, mais pendant ce temps l'écart se creuse avec les autres élèves de sa classe, alors qu'il pourrait progresser.

- autre option, l'enfant souffre d'un handicap. Dans ce cas, il n'a aucune chance d'écrire comme les autres sans une prise en charge adaptée par une équipe pluridisciplinaire.  Et même avec cette prise en charge précoce et intensive, une proportion de ces enfants n'écrira jamais tout à fait comme les autres : il s'agit vraiment d'un handicap.

Dans les deux cas, c'est le travail de remédiation ou de rééducation qui va permettre de progresser, ou de poser à terme le diagnostic de handicap puisque l'enfant ne progresse pas assez malgré cette prise en charge.

De plus en plus souvent, des enfants viennent me voir au cabinet bardés de bilans de toute sorte attestant qu'il y a bien un problème. Ils ont des adaptations en classe, mais rien n'est fait pour réellement les aider! Quand j'écrivais: " Doit-on laisser l'enfant écrire moins que les autres enfants de sa classe? Non, car il n'écrira pas assez pour progresser" , je voulais seulement indiquer que ce contenter de cette simple adaptation risque d'accentuer le problème. Oui, l'ordinateur est une option très intéressante pour les enfants handicapés, il serait dommage de se priver de cet outil s'il est nécessaire.

Accepter de passer à l'ordinateur un enfant de CP est , pour moi, une acceptation que l'enfant a un handicap et qu'il en souffrira toute sa vie. 
Pourtant, même pour un professionnel spécialisé dans l'écriture, bien malin qui peut prédire qui peut progresser et rattraper son retard, ou pas!

Prenons l'exemple de Jeanne, 6 ans, élève de CP... Pourra t'elle écrire ou pas?



Voici l'écriture de la même enfant, lors de la 4ème séance de rééducation ( première séance début janvier, séance 4 mi-mars, donc les progrès ont eu lieu en deux mois et demi...) 




La rééducation de l'écriture de cette enfant est loin d'être terminée, mais clairement, cette enfant progresse, et vite. Donnons-lui la chance de progresser à son maximum.

Donc, pour conclure : adapter la quantité d'écrit scolaire, oui, mais il faut accompagner les adaptations par une prise en charge adaptée. Faire faire des lignes d'écriture en travail supplémentaire n'est pas une prise en charge adaptée dans une écrasante majorité des cas.




Papier Gurvan


Lien vers le site officiel du lignage Gurvan




Je propose sur ce site (cliquer ici pour voir l'ancien article) un papier coloré, basé sur le papier Seyès, mais plus simple d'utilisation pour les débutants et les enfants en difficulté.

Jusqu'à présent, il était proposé seulement en format 21x29.7 ce qui n'était pas forcément pratique pour coller dans les cahiers petits formats.

Vous trouverez donc ci-dessous les mêmes lignages en 3 formats de papiers différents, et 3 tailles de lignage.

Format 21x29.7 standard.
Format 12x17, collable dans un petit cahier en gardant la marge du cahier
Format 16x19, collable dans un petit cahier, la marge se trouve sur le papier coloré.

Chaque papier existe en 2mm ( format des règlures Seyes grands carreaux normales)  ou en format agrandi (2.5mm ou 3mm).

Enfin, le papier existe en couleurs ou optimisé pour impression noir et blanc.


Papier  pour grands cahiers 21x29.7

Papier format 21x29.7 lignage 2mm
Papier format 21x29.7 lignage 2mm noir et blanc
Papier format 21x29.7 lignage 2.5mm
Papier format 21x29.7 lignage 2.5mm noir et blanc
 Papier format 21x29.7 lignage 3mm
Papier format 21x29.7 lignage 3mm noir et blanc

 
 Papiers pour petits cahiers

Papier format 16x19 lignage 2mm avec marge
Papier format 16x19 lignage 2mm avec marge noir et blanc
Papier format 12x17 lignage 2mm sans marge
Papier format 12x17 lignage 2mm sans marge noir et blanc

Papier format 16x19 lignage 2.5mm avec marge
Papier format 16x19 lignage 2.5mm avec marge noir et blanc
Papier format 12x17 lignage 2.5mm sans marge
Papier format 12x17 lignage 2.5mm sans marge noir et blanc

Papier format 16x19 lignage 3mm avec marge
Papier format 16x19 lignage 3mm avec marge noir et blanc
Papier format 12x17 lignage 3mm sans marge
Papier format 12x17 lignage 3mm sans marge noir et blanc



Après plusieurs années de démarches j'ai enfin réussi à convaincre un éditeur (éditions MDI, Nathan) de publier un cahier avec le lignage Gurvan.

On a essayé de contenir le prix autant que possible : pour 48/32 pages, il devrait vous coûter moins cher que vos impressions couleurs. Et le rendu est quand même bien mieux que sur des feuilles volantes. Vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies, ou chez Amazon en cliquant sur les images. 

Lignage 2.5mm, 48 pages, cahier  petit format portrait :




Lignage 3mm maternelle, 32 page, format paysage :





Enfin, il existe aussi en 2mm (la taille normale du lignage seyes), cahier petit format portrait , 64 pages





En espérant que cela vous sera utile.










En écriture cursive, les passagers descendent à la fin du mot

Pour être efficace, l'écriture cursive doit minimiser le nombre d'interruptions du geste et les changements de direction. Comment faire avec les accents, les points sur les i et les barres du "t", qui sont forcément tracés séparément de leur lettre ? La bonne méthode consiste à ne les écrire qu'une fois le mot complet formé.

Le message à passer aux élèves est que l'écriture cursive est comme un train. Quand les passagers (les points, les accents et les barres) montent et descendent à chaque arrêt, c'est un omnibus : ce n'est pas très rapide. Si tous les passagers descendent à la fin du trajet c'est un TGV : c'est bien plus rapide.

La démonstration sur l'écriture d'un mot simple :



Dans toute méthode d'enseignement de l'écriture, il faudrait apprendre ce point important : 
  • ne pas interrompre l'écriture d'un mot en cursif pour placer les accents ou les points, 
  • tracer les barres de t, les accents et les points dans l'ordre seulement lorsque le mot est terminé.
(et en plus cela donne une occasion à ceux qui sont fâchés avec l'orthographe de relire le mot)


Pour aller plus loin :

À quelle vitesse les élèves écrivent-ils en cursive?


écriture cursive scolaire
La vitesse à laquelle les élèves écrivent pose souvent des questions aux enseignants et aux parents. "Ecrit-il assez vite?" est une question qu'on me pose souvent. La réponse que j'aimerai faire est "Assez vite pour quoi faire?" Prendre des notes rapides sous la dictée? Recopier un texte? Ecrire un cours au propre?

Pour prendre des notes au collège ou au lycée, l'élève est sous contrainte de temps, et la lisibité de l'écriture cursive s'en ressent souvent. Pour beaucoup de productions écrites d'élèves, rapidité et lisibilité sont antinomiques (mais pas toujours, certains écrivent très lentement sans que la qualité ne soit au rendez-vous)

La vitesse d'écriture est un enjeu :
  •  pour l'enseignant qui souhaite réduire la durée des phases de prise de notes pour pouvoir continuer la partie active de son cours (ou simplement pouvoir effacer le tableau pour continuer... je le sais, j'ai aussi été enseignante) 
  • pour l'élève qui ne souhaite pas être celui qui ralentit le groupe par sa prise de notes tardive 
  • pour l'élève encore, car ses notes manuscrites sont souvent son principal support de révision 
  • pour l'élève toujours, qui doit écrire suffisamment vite et facilement pour être en mesure d'écouter et de comprendre son professeur
  • pour les parents qui n'ont souvent que la production écrite de l'enfant pour évaluer son implication dans le cours (un cours incomplet est pour eux un signe inquiétant)
Bref, écrire "vite" est un gage de réussite en classe.

Parfois la perception que les enseignants, les parents ou l'élève ont de la vitesse d'écriture est faussée.
Il m'arrive d'avoir en consultation des patients qui pensent écrire lentement alors que leur vitesse d'écriture est tout à fait dans la moyenne, et même certains qui écrivent réellement trop vite.
comment savoir ce qu'il en est réellement? Quelle est la normalité en terme de vitesse d'écriture cursive? Plusieurs chercheurs ont publié les résultats de leurs études sur les élèves européens dans les différentes classes d'âge.

Pour étudier la vitesse d'écriture de manière rationnelle, les chercheurs utilisent des tests normalisés comme par exemple le test BHK , mais aussi les tests dérivés des écoles anglo-sanxones : Handwriting Speed Test (HST) ou l'ETCH-C : evaluation tool of children handwriting - cursive. Le passage par ces tests normalisés est indispensable si on veut comparer les productions de différents élèves, car la vitesse d'écriture varie fortement en fonction du type d'exercice proposé (écriture spontanée, dictée ou recopie) ou des consignes(écrire le plus vite possible ou normalement, en cursive ou en script).

Voici quelques données chiffrées, trouvées dans un tableau récapitulatif  mentionné dans l'ouvrage "troubles de l'écriture chez l'enfant, des modèles à l'intervention" chez de Boeck et Solal.



Notez que les vitesses sont très similaires pour l'écriture cursive dans différent pays européens.






France Suisse Italie Pays-Bas Irlande
CP 10



CE1 24 22 27 25
CE2 34 33 38 35 42-45
CM1 45
48 46 51-58
CM2 46
55 54 55-61
 vitesse (signes par minutes) dans différents pays

Dans l'enseignement secondaire,  la vitesse d'écriture cursive des élèves continue à progresser durant leur scolarité, même après 15 ans.


6ieme 5ieme 4ième 3ième 2de 1ère Term.
Français 66 74 81 86


HST Anglais 73-74 91-100 103-105 105-108 112-118 120-121 122-124
vitesse d'écriture cursive en signes par minute (en secondaire)


Ces valeurs ne sont que des moyennes, et la dispersion à l’intérieur d'une même classe est importante. De plus il ne faut pas oublier que lee test utilisé en France comprend l'écriture d'un texte standardisé de difficulté croissante. On obtient donc en classe des vitesses souvent supérieures avec des dictées de textes de moindre difficulté. En revanche la recopie d'un texte complexe peut prendre plus de temps.


Attention à ne pas confondre vitesse d'écriture et vitesse de déplacement du stylo
Les tests mentionnés si dessous évaluent tous les vitesses d'écriture en nombres de signes par minutes (les chercheurs préfèrent parler de fréquence d'inscription). Comment faire pour accélérer? A première vue, il suffit simplement de bouger plus vite la pointe du crayon pour faire plus de signes dans le même temps. Mais en fait, pour l'écriture cursive, ce n'est pas si simple que cela. Plus la pointe du crayon va vite, plus les dérapages sont possibles, plus l'élève freine et accélère subitement. Prenons l'image d'un autobus : moins il y a d'arrêts sur le trajet, plus le bus ira vite, et cela indépendamment de sa vitesse de pointe. Pourquoi? car lorsqu'on s'arrête, c'est le fait de devoir ralentir pour stopper puis de ré-accélérer au démarrage qui ralentit le voyage et le rend inconfortable... 

Alors, quand doit-on s'inquiéter?
D'un point de vue purement scientifique, il n'y a que si un élève se situe a plusieurs écart-types sous ces moyennes lors d'un test standardisé qu'il faut s'inquiéter d'une lenteur d'écriture. Et même dans ce cas il faudra réunir d'autres critères pour que l'on puisse parler de dysgraphie.


Concrètement, comment puis-je savoir si mon enfant écrit trop lentement?
Pour faire ce type de test, il faut se rendre chez un professionnel.


Maintenant, voici quelques indices qui peuvent vous guider afin de savoir si vous devez vous inquiéter de sa vitesse d'écriture cursive :
-il est toujours le dernier à finir
-il est toujours le premier mais son écriture est illisible
-il passe ses récrés à finir de copier ses leçons
-ses cours sont incomplets
-il n'a pas le temps de finir ses évaluations alors qu'il affirme connaitre les réponses
-quand vous demandez ce qu'il vient d'écrire vous obtenez une réponse du type" je ne sais pas, j'étais en train d'écrire, j'ai pas encore lu "

Si vous pensez être dans un de ces cas, commencez par en parler aux enseignants. Ils ont l'expérience et peuvent comparer par rapport à leurs autres élèves. Si eux aussi pensent qu'il peut y avoir un souci, alors consultez.


Pour aller plus loin :



Bibliographie :
  • Albaret J.M. Kaiser, M.L., Soppelsa,R. (2013): Troubles de l'écriture chez l'enfant : De boeck solal edition


Un police d'écriture cursive pour les enseignants : analyse critique

Cet été, le ministère de l’éducation nationale a mis à disposition des enseignants deux modèles de polices de caractères spécialement dessinées pour l’enseignement de l’écriture cursive. Vous trouverez ces modèles sur le site eduscol.
écriture cursive

A première vue ,cette initiative est la bienvenue. J'ai toujours observé dans mes échanges avec les enseignants du primaire qu'ils sont nombreux à se plaindre de l'absence de directives claires sur l'enseignement de l'écriture cursive, sans parler même de formation. Chaque fois que je fais une conférence, il y a des enseignants dans la salle : aucun ne lève le doigt quand je demande s'ils ont eu une formation dédiée à l'enseignement de l'écriture cursive.

Donc a défaut d'instructions, un modèle de police de caractère pour l'écriture cursive semble une bonne idée. Hélas, il faut avouer que ce modèle présente quelques défaut. Suite à nos échanges, une de mes collègues a publié une analyse (assez critique) de ces problèmes sur son site : écriture-paris

De mon point de vue, le fait d'avoir confié le travail de création de ce modèle d'écriture cursive à des typographes est la source de bien des erreurs : la contrainte de créer une police de caractère (où chaque lettre doit avoir exactement la même forme quelle que soit la lettre précédente et la lettre suivante) est difficilement compatible avec la fluidité nécessaire pour le geste d'écriture. Dans ce modèle d'écriture cursive la lettre commence à mi-interligne, la boucle du e est "cassée" (apraxique dans notre jargon), les formes des lettres m, n, v, w, y, s'éloignent des modèles habituels, la réglure est différentes du seyes. Autant de raisons qui rendent ce modèle d'écriture cursive difficile à suivre pour les élèves, voire pénalisant pour mettre en place l'automatisation du geste d'écriture. Dommage.

Un modèle à prendre avec beaucoup de recul, donc. Comme ma collègue, je ne saurais recommander aux enseignants d’utiliser cette police de caractères comme modèle d’écriture.

Mal tenir son crayon

Pour écrire de façon fluide et sans douleur, il est crucial de bien tenir son crayon, car existe une position qui est bien plus efficace que les autres. Lorsqu'il y a une difficulté avec l'écriture cursive, il faut donc commencer logiquement (le plus souvent) la rééducation de l'écriture par la remédiation de la tenue du crayon.

Dysgraphie : les garçons sont ils plus concernés que les filles ?

dysgraphie et genre
Les garçons sont-ils plus concernés par la dysgraphie que les filles? 
Lorsque je regarde les statistiques des consultations au  cabinet, je dois bien admettre que je reçois beaucoup plus de garçons (et d'hommes adultes) que de filles.
Pourtant, il n'est pas dit que cela reflète réellement la répartition des troubles de l'écriture cursive dans la population. Shaywitz avait proposé en 1990 que  les enseignants signaleraient plus souvent des problèmes d’apprentissage chez les garçons à cause de problèmes de comportement associé. Cela voudrait dire que mes statistiques personnelles pourraient être faussées : Les filles me sont-elles moins adressées parce que leurs difficultés d'écriture cursive ont moins d'impact sur  leur insertion dans la classe? Les filles masquent peut être plus facilement leurs difficultés avec l'écriture. Ou bien les garçons ayant des difficultés avec l'écriture cursive ont plus facilement une attitude d'opposition à l'autorité scolaire qui rendent leurs troubles encore plus visibles?

On dispose en fait de peu d'études épidémiologiques récentes spécifiques à la dysgraphie.
En France, la différence des troubles de l'écriture entre garçons et filles est illustrée indirectement par les données des enfants de la cohorte Gazel (2 582 enfants âgés de 4 à 16 ans ; Fombonne et Vermeersch, 1997) : plus de garçons que de filles consultent des spécialistes pour des problèmes de lecture et d’écriture.

De plus les études épidémiologiques sur les troubles de la lecture vont dans le même sens : 
Par exemple les recherches de Fergusson, 1996 ; Flannery, 2000 ; Katusic, 2001 ; St Sauver, 2001 ; Liederman , 2005 et  surtout la méta analyse de Rutter , 2004, indiquent que les problèmes de lecture sont de 1,5 à 3 fois plus fréquents chez les garçons que chez les filles. 

Si la différence de sexe dans l’apprentissage de la lecture et de l'écriture cursive semble avérée par ces études, les causes à la base de cette différence restent à explorer.

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